Allemagne

A peine arrivés à Genève, nous récupérons Zorro et le préparons au départ. Le carburateur est remplacé par celui que nous avons ramené du Mexique. Durant le séjour d'Aless en Italie, je m'atèle à la restauration du toit de Zorro dont la peinture commence à vieillir. Alors qu'ils sont en Amérique centrale, Martine et Jean-Jacques nous mettent leur garage à disposition pour les travaux. En leur absence, leurs voisins Clara et Hervé me permettent de me raccorder à l'électricité pour le ponçage. Après m'avoir invité à manger et dormir chez eux, c'est tout naturellement qu'ils me donnent les clés de la maison afin que je puisse m'y mettre à l'aise, même en leur absence. Ca fait du bien de découvrir qu'il existe encore des gens ouverts et généreux. Tout ça sans même me connaitre.

Le 3 juin 2013, c'est le départ pour la Scandinavie ! En chemin, nous nous arrêtons deux jours dans le canton de Vaud avec les Six en Route. (d'ailleurs leur livre est disponible en cliquant ICI) Avant de quitter la Suisse, nous faisons un dernier petit crochet par les Chutes du Rhin, près de Schaffhouse. Il s'agit des plus grandes chutes d'Europe. A ses côtés un château surplombe le magnifique spectacle agrémenté de deux belles roches plantées au milieu du torrent. Le débit est assez impressionnant. Différents points de vue permettent d'admirer le spectacle sous toutes ses coutures.

Nous poursuivons notre route par la région de la Forêt Noire en Allemagne. Le paysage est très vert et comme vous pouvez le deviner, il y des kilomètres et des kilomètres de forêt. Peu avant la tombée de la nuit, nous quittons la route principale et trouvons un petit coin tranquille près d'un cours d'eau. Au réveil, un petit mot ainsi qu'un sachet pour ramasser les crottes de chiens sont posés sur le par-brise. Le peut qu'il nous reste de l'Allemand appris à l'école nous permet de comprendre ceci : « le camping sauvage est interdit. Des photos ont été prises. » Ainsi qu'une histoire de déchets dont nous n'avons pas compris de contexte. Un peu confus, nous continuons notre route par Triberg, un village aux abords de la plus haute cascade d'Allemagne divisée en 7 sections. C'est toujours un peu dommage de devoir payer pour voir un élément naturel. Le site m'a vraiment fait penser aux chutes de Giessbach au dessus du lac de Brienz en Suisse. Triberg estaussi très connu pour ses coucous dont un magasin en expose mille. Ce petit stop est aussi l'occasion de déguster une bonne tranche de foret noir. Nous ne sommes pas déçus.

En route, une voiture de Roumains en panne. En panne d'essence, ils nous expliquent qu'ils ne peuvent plus retirer d'argent car leur carte est bloquée. Prêts à nous échanger leurs bijoux 18 carats pour du cash, nous les dépannons d'une vingtaine d'EUROS. Petite mise en scène ? Qui sait… Ce ne sont pas les premiers que nous dépannons d'une panne sèche et surement pas les derniers.

Alors qu'Aless en rêvait depuis notre arrivée en Allemagne, le garage VW aircooled apparait comme une oasis à l'horizon. Devant l'atelier, des dizaines de coccinelles plus brillantes les unes que les autres sont exposées. Bien que nous n'ayons pas de problème particulier, Thomas, le patron, nous consacre généreusement une demi-heure de son temps pour répondre à nos nombreuses questions et vérifier les différents réglages. Zorro est tout ému de ce retour aux sources et repart avec un moteur ronronnant.

Nous rejoignons Berlin, installons Zorro dans un camping au sud de la capitale et nous rendons au centre en train. Les vagues souvenirs qu'Aless a de la métropole datent d'il y a 22 ans. Nous (re)découvrons une ville dont les bâtiments et quartier modernes, anciens, artistiques ou alternatifs se mélangent à merveille. En ce week-end ensoleillé des parcs aménagés de sable sont animés par des pistes de tango ou de la musique Brésilienne. Non c'est n'est pas Buenos Aires ni Copacabana, mais bien le centre ville de Berlin. A quelques mètres de là, des artistes on peints un restant du mur appelé le East Side Gallery. Difficile d'imaginer dans quelles circonstances, la vie des habitant à changé d'un jour à l'autre lorsque la partie ouest de la ville fût encerclée par ce mur de 160 kilomètres de long.

A l'entrée du camping, une centaine de boîte aux lettres témoignent du nombre d'occupants à l'année. Au premier abord, nous repensons à un certain camping aux US, dont les résidants étaient victimes de la société ou de la crise financière. En sympathisant avec Berg Andy et sa femme Christiana domiciliés dans ce camping depuis 6 ans, nous comprenons qu'à part quelques exceptions, les habitants firent le choix de quitter leur appartement bétonné en pleine ville pour s'installer dans la périphérie Berlinoise, à vingt minute du centre. Le camping est comme un petit village convivial, proche de la nature et contrairement à la plupart d'entre nous, ils connaissent leurs voisins. Nous profitons de notre séjour pour revoir Laura, une amie qu'Aless avait rencontrée au Mexique il y a quelques année.

A une trentaine de kilomètres au nord de la ville, nous nous arrêtons au Camp de Concentration de Sachsenhausen. Plus de 200'000 personnes furent internées à Sachsenhausen entre 1936 et 1945. S'il s'agissait au départ essentiellement d'opposants politiques au régime, le camp accueillit ensuite de plus en plus personnes dont les nationaux-socialistes considéraient comme racialement ou biologiquement inférieurs. Des dizaines de milliers de détenus succombèrent à la faim, aux maladies, au travail forcé, aux sévices infligés, ou furent victimes des actions d'exterminations systématiques organisées par la SS. Différentes expositions dans les baraques historiques ainsi qu'un film permettent de connaitre l'histoire du camp ainsi que les différents lieux de vie (ou de mort) des détenus. Malheureusement le lundi certaines expositions sont fermées et nous n'avons pas pu entrer des les différentes baraques. Nous déplacer sur ce site énorme et découvrir les lieux des sévices ainsi que les crématoires où des milliers de prisonniers furent tués est assez étrange.

Nous rejoignons ensuite l'île de Rügen reliée au continent par un pont. Au parc national de Jasmund, une jolie marche d 6 kilomètres (aller/retour) permet d'accéder à Stubbenkammer, une falaise plongeant dans l'océan. Le centre touristique Königsstuhl fait payer 3,50 EUR par personne pour admirer la vue alors qu'à quelques minutes de marche de là, le point de vue Victoria-Sicht (gratuit) offre le même spectacle. Au mois de juin, à moins de 1000 kilomètres de la Suisse, le couché de soleil est déjà interminable et la ligne de l'horizon reste rosée toute la nuit.

En traversant le pays, nous découvrons un nombre impressionnant de maisons, ou de champs recouverts de panneaux solaires. Selon la Fédération de l'industrie solaire, en 2012, 1,3 million d'installations solaires ont couvert les besoins de 8 millions de foyers, soit 7630 MW. Le solaire couvre désormais 5 % des besoins en électricité du pays. L'Allemagne est à ce jour le gros producteur d'électricité solaire au monde ainsi que le 3ème plus gros producteur d'électricité éolienne avec 31'307 MW en fin 2012. En ce printemps, les éoliennes fleurissent comme des coquelicots.

Nous quittons l'Allemagne par Rostock. En une heure et demie de ferry, nous rejoignons Gedser, sur l'île de Falster au Danemark.



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