Argentine

Ici, nous pourrions nous croire en Suisse. Les montagnes baignent dans des lacs. Les sommets sont enneigés. Sur notre chemin, les noms de campings et auberges nous laissent penser qu'il y a plus d'un habitant Helvète dans la région. Nous avons la confirmation par Monsieur Meyer, le président du Club Suisse, situé à quelques kilomètres de Bariloche.

C'est à El Bolson que nous faisons la connaissance de nos voisins de camping, Nouria et Pablo, des Argentins de Cordoba en vacances dans le sud. Nous passons une journée ensemble à découvrir les 50 troncs d'arbres sculptés un peu plus haut dans la montagne et à déguster une super pizza maison improvisée sur un petit feu de bois au camping.

Au fur et à mesure que les kilomètres passent, le paysage commence à se transformer. Les montagnes deviennent des collines et les arbres sont de plus en plus rares. Des milliers de moutons se baladent dans les pâturages ainsi que des vaches, des chevaux. Les plantes de la steppe patagonienne s'adaptent au manque d'eau de pluie ainsi qu'aux forts vents afin de nourrir toutes sortes d'animaux. Nous avons régulièrement la chance de voir des troupeaux de guanacos (famille du lama) sautant les clôtures avec grâce, des nandous (famille des autruches) nous fuyant à toute vitesse, un peludo (famille du tatoo) traversant la route, des flamants roses se baignant dans des lagunes, des condors survolant l'infini, un renard à la recherche d'une proie et des lapins essayant de faire la course avec nous. Presque tous les jours, un arc-en-ciel apparait à quelque part dans l'horizon. Nous passons plusieurs jours loin de la civilisation. Les quelques villages que nous traversons nous permettent de nous ravitailler en essence. Sur les 600 kilomètres de route qui furent marqués comme piste de terre et graviers, environ 150 kilomètres étaient finalement fraichement goudronnés. Avec les pneus un peu dégonflés, nous passons ce tronçon sans grand problème. Nous avons juste un problème de démarreur. Après avoir passé la journée à démarrer le véhicule en poussant, nous trouvons un électricien dans un petit village qui nous change les charbons.

A El Calafate, nous embarquons pour la journée en bateau sur le lac Argentina afin d'admirer les glaciers de Spegazzini ainsi que de Perito Moreno dans le parc national de Los Glaciares. Le glacier d' Upsala n'est plus accessible car bloqué par une barrière d'icebergs s'étant détachés de celui-ci. La couleur de la glace est irréelle. Un bleu tellement profond qu'on a du mal à croire que les icebergs sont en réalité transparents. Mais le plus impressionnant reste à venir. Le glacier de Perito Moreno. Contrairement à beaucoup de glaciers dans le monde, celui-ci est relativement stable. Avec le temps, le glacier avance sur le lac jusqu'à atteindre l'autre rive et former un barrage naturel. Le niveau de l'eau peu monter jusqu'à 30 mètres et exercer une pression telle, que l'eau creuse la glace et le barrage lâche. A quelques mètres du monstre de 60 mètres de haut et 5 kilomètres de long, nous nous sentons minuscule. C'est hallucinant d'entendre la vie du glacier par des bruits de craquements et de voir des énormes morceaux de glace se détacher de celui-ci. Vu depuis la terre ferme, il est tout aussi incroyable. C'est un champ de glace à perte de vue (297 km2).

Durant notre séjour à El Calafate, nous avons eu un coup de cœur pour un chien que nous avons appelé Baloo. Lors de notre première soirée au camping, il est venu avec quatre autres amis se coucher près du feu. Notre cuisine végétarienne n'a pas tellement eu de succès avec eux. Le lendemain, alors que nous étions bien occupés à faire de la lessive, notre douche et surfer sur internet, Baloo a passé la journée installé au chaud dans notre van. En fin d'après-midi, nous avons été faire une promenade en ville. Après tant d'heures de sommeil, Baloo a trouvé que c'était une bonne idée que de se dégourdir les pattes. Nous avons appris le sens de l'expression « il nous suit comme un chien ». Dans chaque boutique où nous sommes entrés, il est entré avec nous. Est-il avec vous ce chien ? Ben non, il n'est pas à nous, c'est un chien publique (il est à personne, mais il a toujours de quoi manger). La porte du magasin s'est fermée devant son nez et ne nous ayant pas vu en ressortir, il est parti. Quelques heures plus tard, de retour au camping, qui avons-nous trouvé devant notre van ? Baloo ! Il a passé une autre soirée près de nous. Au moment d'aller se coucher, il glisse son nez à l'ouverture de la porte. Non Baloo, dehors… Il a passé la nuit au clair de lune à côté de notre maison. Le lendemain, nous sommes repartis à pieds pour retirer de l'argent. Baloo est venu avec nous. Pris d'émotion en voyant un de ses amis un peu plus loin, il s'est écarté de quelques mètres avant de perdre notre trace. De retour au camping, nous avons juste eu le temps de prendre nos affaires puis de nous mettre en route pour le départ. A la sortie du camping, nous avons aperçu Baloo revenant à grand pas au camping. Oui, ça nous a effleuré l'esprit ! Mais pour les raisons suivantes, nous ne l'avons pas fait. Il est ENORME ! Nous ne pouvons pas lui imposer notre rythme de voyage qui est loin d'être adapté pour un chien. Nous aimons notre liberté. Même s'il est TRES attachant, il n'est pas malheureux et surtout, il est libre.


Après quelques jours au Chili pour explorer les superbes montagnes de Torres del Paine et rejoindre terre de feu, nous atteignons Ushuaia, la capitale de la province argentine la plus méridionale, sur les rives du canal de Beagle. Cette ville est souvent le lieu de départ ou d'arrivée d'un grand voyage à travers le continent Américain. Au camping, nous rencontrons par exemple un couple et leurs deux adolescents qui viennent de terminer un périple de 3 ans à vélo entre l'Alaska et Ushuaia.

Depuis notre arrivée en Amérique du sud, nous avons retrouvé nos habitudes culinaires. Toutes sortes de fruits et de légumes sont disponibles même dans les plus petits villages. Nous avons vite adopté le Dulce de Leche , auquel nous sommes devenus accros. Aless se balade avec son kit de maté, qu'il sirote volontiers durant la journée.

Durant ces derniers jours entre l'Argentine et le Chili, nous rencontrons beaucoup de voyageurs voyageant avec leur véhicule Européen. Jasmine et Luc (www.offexploring.com/jazzandluc), des Zurichois en voyage en Amérique du Sud. Maud et Seb, des Français de la région de Lyon rencontrés à El Calafate. Ils ont résolu un petit problème de batterie qui fût finalement bien plus simple à résoudre que ce qu'ils pensaient. Un autre couple du canton de Nidwald que nous croisons à plusieurs reprises. Suzanne et Hein ( www.svtv.nl), des Hollandais voyageant avec leur fils de 3 ans, que nous croisons à El Calafate, à Punta Arenas et encore une fois à Ushuaia. Une équipe d'Italiens en voyage commercial pour Birra Moretti. Pour les 20 ans du distributeur, ils ont décidé de livrer personnellement une commande à Ushuaia en deux mois. A bord, deux chauffeurs, un journaliste, photographe, cameraman, etc. (http://partesaontheroad20.blogspot.com).

A Ushuaia, nous rencontrons Martine et Jean-Jacques avec leur Land-Rover Français, immatriculé de Haute-Savoie. Après une courte discussion, nous nous rendons compte qu'ils sont de très bons amis à Philippe, un ami de longue date à ma mère. Grâce à skype et la webcam, nous faisons une surprise à Philippe qui n'en revient pas !! Que le monde est petit !!

En discutant avec chacun des voyageurs ayant expérimenté un transport maritime sur l'Amérique du Sud, nous nous rendons compte que le prix que nous avons payé pour sortir notre véhicule du port de Valparaiso est même un peu moins cher que d'autres ports de l'hémisphère sud.

Nous quittons finalement Ushuaia et nos amis Jean-Jacques et Martine. En se rapprochant de l'Estancia Harberton, les décors sont magnifiques. Nous longeons le canal de Beagle. Une lagune reflète le ciel et ses nuages comme un miroir. Due aux forts vents de la région, les arbres poussent à l'horizontale. Nous bivouaquons seuls au bord d'une rivière. Depuis quelques nuits, la température passe en dessous de zéro. L'eau laissée dehors dans une casserole est transformée en un bloque de glace. Nous quittons cette région sous des flocons de neige et une route recouverte d'un manteau blanc.

Une fois le canal de Magellan traversé, nous repassons la frontière de l'Argentine et trouvons refuge pour la nuit au bord de la Laguna Azul, qui est un magnifique lac de cratère. Le vent souffle trop fort pour le véhicule d'Yvonne et Raphaël qui décident de continuer la route afin de trouver un abri.

Nous continuons sur la route nationale 3 et il n'y a pas grand-chose à voir. Nous recroisons Ruth & Walter de Nidwald près de Puerto San Lulian, puis Lesley & Bruce, des Anglais rencontrés il y a quelques jours au camping d'Ushuaia. Lors d'une pause pipi au bord de la route, nous nous rendons compte que nous avons un pneu crevé. Mais depuis combien de temps ? On ne sait pas… Nous sortons la clé, la roue de secours, le cric et commençons à lever le véhicule. Mais NON !!! Notre cric nous lâche !! C'est finalement un camion qui nous aidera à repartir.

Une fois notre pneu réparé, nous nous dirigeons au camping de Piedras Buenas. Qui est-ce que nous trouvons devant nous ? C'est parti pour une soirée pizza avec Yvonne et Raphaël… Le lendemain, leurs amis Marie de Paris, Pascal de Québec et Gypsi leur chienne Colombienne (www.panamericana_lesglobestrotteurs.com) nous rejoignent pour une soirée de partage de drôles d'anecdotes. Merci Pascal pour m'avoir aidé avec mon site internet !

Après quelques jours de voyage, nous arrivons à la péninsule Valdes. Le climat est redevenu plus agréable. Fini les grosses chaussettes, place aux nu-pieds… Au camping, nous retrouvons Yvonne et Raphaël que nous n'avons pas vu depuis quelques jours. En arrivant à Punta Norte, deux heures avant la marée haute, nous découvrons les orques qui s'activent sur la plage afin de capturer une otarie. Heureusement, le spectacle à lieu à quelques centaines de mètres de nous et la distance nous épargne les détails sanguinaires. Une heure avant la marée haute, les 9 orques longent une dernière fois la plage à quelques mètres de nous, puis disparaissent. (site internet des chercheurs de la région : http://www.orca-puntanorte.com / http://www.orcaresearch.org. Pour agrémenter cette belle journée, les pingouins de Magellan se laissent approcher de très près, les peludos viennent nous chatouiller les pieds, les renards se font bronzer au soleil, les nandous font la course avec nous et les hordes de guanacos font toujours partis du paysage. Nous trouvons un bivouaque sur la plage de Punta Pardelas et ce soir là, le couché du soleil est à couper le souffle !!!

C'est à Bahia Blanca que nous changeons finalement nos quatre pneus à un prix raisonnable. Nous rejoignons ensuite Yvonne et Raphaël à Pinamar et faisons connaissance avec Marie-Anne & Fabio, des Suisses avec qui ils vont partager un container 40' pour le retour en Suisse dans quelques jours. Nous passons une super soirée grillades et pizza pour l'anniversaire d'Yvonne. Peut-être notre dernière soirée ensemble sur le continent Américain. A La Plata, nous rencontrons Anibal, un mécanicien expert et fan des VW combis( http://www.solokombis.com.ar). Il nous accorde une journée sur sont temps de travail très chargé et passe du temps à ajuster notre system de freinage et répondre à nos questions sur la mécanique… et pour comprendre la dynamique des voyageurs en combi, je vous conseil de visionner la petite vidéo en cliquant ICI. Lentement mais sûrement !

A 60 kilomètres de là, nous arrivons à Buenos Aires, mettons notre véhicule en week-end dans un Estacionamento pendant que nous logeons dans un petit hôtel dans le cartier de San Telmo. Nous passons un après-midi à siroter du maté avec Suzanne, Hein et leur fils Witte, rencontrés la dernière fois à Ushuaia. Nous nous baladons à travers les différents parques de la région de Palermo et découvrons les maisons colorées de La Boca. A San Telmo, nous ne manquons pas l'immense marché d'artisanat animé par des musiciens de rue, des artistes ainsi que des danseurs de tango. Après près d'un mois sans avoir mangé au restaurant, nos papilles frémissent dans un super restaurant végétarien du cartier. Huuuummmm…

Durant ces dernières semaines, nous expérimentons quelque chose de très nouveau pour nous. Rencontrer d'autres voyageurs avec leur véhicule. Tout le monde faisant le même chemin et s'arrêtant aux mêmes endroits, nous nous croisons et recroisons, et passons régulièrement des soirées accompagnés de nouveaux amis, mais à chaque fois dans des lieux différents.

C'est parti pour L'Uruguay !


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