Nord de l'Argentine

La visite des chutes d'Iguazu du côté Argentin offre une toute autre perspective du site. La passerelle surplombant la rivière jusqu'à la Garganta del Diablo (gorge du diable) est un véritable sanctuaire à papillons. Les eaux torrentielles se jetant dans le gouffre en forme de V offrent un spectacle à couper le souffle. Un peu plus en aval, deux sentiers permettent de voir d'autres cascades sous différents angles. Grâce aux différents parcours, le côté Argentin offre une superbe perspective du parc national.

Dans la province de Corrientes, nous nous approchons del'Estero del Ibera, une sorte de petit Pantanal où la majorité des touristes visitent la laguna Ibera en bateau. Malheureusement la pluie rend la route de terre impraticable avec notre véhicule. A la station d'essence de Governador Virasoro, nous faisons la rencontre de Jose, propriétaire d'une Estancia au bord de la Laguna de la Luna offrant différents types d'excursion. Une matinée sur son petit bateau à travers un canal, puis deux lagunes nous permet d'admirer des dizaines de Caimans, des Capibaras ainsi que plusieurs sortes d'oiseaux. Jose nous fait part de l'histoire de ce territoire où au début du vingtième siècle, un canal a été créé afin d'irriguer de l'eau pour la culture du riz. Puis est venu la mode des accessoires en plumes en Europe, ici la chasse d'oiseau s'en est suivie. Afin de protéger cette région, dans les années 70, le gouvernement a décidé d'interdire la chasse et la pêche. En échange, ils ont offerts un poste de Ranger à tous les pêcheurs et chasseurs de la région. Si vous voulez visiter cette région sans être entouré d'autres bateaux touristiques, vous pouvez visiter le site internet www.rincontreslagunas.com

En traversant les régions de Misiones, Corrientes et Chaco, quil nous manque 10 où 50 litres d'essence, nous nous arrêtons dans chaque station essence pour faire le plein car une station d'essence sur deux est en rupture de stock.

Arrivés à Salta, nous continuons en direction de Cafayate en passant par le lac Cabra Corral où nous découvrons des kilomètres de plantation de tabac, puis traversons la magnifique Quebrada de la Conchas. Il s'agit d'un canyon où des formations rocheuses de couleur rouge ont été formées par l'eau et le vent. Peu avant Cafayate, nous faisons une première dégustation de vin à la Casa de la Bodega. Huuuummm, leur Malbec est un régal :-)

La route entre Cafayate et Cachi donne l'impression d'être sur la lune. Les décors des montagnes façonnés par l'érosion sont à couper le souffle. A Colome, nous visitons le vignoble d'un propriétaire Suisse. A côté des caves, son musée d'art contemporain attire toute notre attention. Les œuvres de James Turnell, un artiste Californien nous transportent dans une autre dimension et nous font perdre tous nos repères.

Depuis Cachi, nous nous lançons pour notre premier col de haute montagne sur une route de terre. A La Poma, nous rencontrons notre premier obstacle. Une rivière à traverser. Avec un peu d'élan, ça passe… La route monte gentiment et les décors se transforment. Avec de plus en plus d'adrénaline, nous franchissons encore plusieurs ruisseaux. Va-t-on arriver au sommet ? La route commence à sérieusement zigzaguer, les ruisseaux se transforment en champs de glace. Avec la première vitesse et un petit 15 kilomètres heure, nous arrivons au col d'Abra del Acay à 4895 mètres d'altitude. Le temps de prendre quelques photos, nous sommes un peu étourdis. Surtout lorsqu'il faut pousser le véhicule afin de redémarrer le moteur qui lui aussi souffre d'un manque d'oxygène. Nous redescendons à 3775 mètres à San Antonio de los Cobres, ville plutôt poussiéreuse. Nous continuons encore quelques kilomètres afin de trouver un meilleur bivouac sur notre chemin pour Tolar Grande. Le passage d'un nouveau col à plus de 4500 mètres d'altitude, la poussière et le trafic des camions qui relie cette région minière nous fait baisser les bras. Nous rebroussons chemin et trouvons un coin pour la nuit à 4000 mètres.

Durant le voyage, nous avons pris l'habitude de vivre au rythme de la lumière du jour. Ici, le soleil se couche vers les 18h30 et il se lève vers les 8h du matin. Les nuits sont longues, très longues... Armée d'une infusion de feuille de Coca, Céline de sent déjà mieux que quelques heures au paravent. Béatrice sent le manque d'oxygène et a mal à la tête. Aless se sent un peu retourné, le ventre un peu patraque. Nous avons de la peine à trouver le sommeil et attendons impatiemment le levé du soleil. Au petit matin, après près de 12 heures en position horizontale, il fait -10 degrés à l'extérieur et grâce à une couverture transformée en rideaux isolants, nous avons maintenu un petit 3 degré à l'intérieur. Heureusement, nos sacs de couchage nous tiennent au chaud. C'est après beaucoup d'insistance que nous parvenons à démarreur le moteur. Mais voilà que le câble de l'accélérateur est figé, Aless commence à tout démonter afin d'essayer de trouver un moyen de décoincé ce câble. Peut- être est-il gelé par le froid et l'humidité accumulée en passant les ruisseaux le jour précédent. Après plus d'une heure à chercher une solution et à attendre que les rayons de soleil veulent bien réchauffer l'atmosphère, nous chauffons la gaine du câble de l'accélérateur avec un briquet. Ca marche !!!! C'est reparti…

Nous abandonnons donc l'idée de visiter la région de Tolar Grande et mettons le cap vers la Quebrada de Humahuaca en passant par le col d'Abra de Lipan à 4175 mètres et rejoignons Purmamarca, un village situé près d'une montagne aux multiples couleurs appelée Cerro de Siete Colores à 2206 mètres. A Humahuaca, nous quittons la route principale et faisons chemin jusqu'au Mirador Ornacal à 4348 mètres, sur une route de terre. Nous devons nous y prendre à deux reprises pour franchir un passage un peu plus raide. Les différentes couleurs formées par des couches de minéraux sont un véritable spectacle.

La route jusqu'au village d'Iruya est longue. Nous franchissons encore un col à 4000 mètres, puis redescendons dans un gouffre où les virages plus sérés les uns que les autres de finissent jamais. Pour quelle raison y a-t-il de la vie dans un trou pareil ? Grâce aux cultures de maïs, de pommes de terre, aux plantations de citrus ainsi que l'élevage de bétail, les 6000 habitants d'origine indigène du village ainsi que des communautés voisines subviennent à leurs besoins.

Nous rebroussons chemin par Humahuaca, Purmamarca, le col d'Abra de Lipan et la Puna Argentina où se trouve le Salar Grande afin de rejoindre San Pedro de Atacama au Chili par le Paso de Jama. A Susques, nous faisons la rencontre de deux courageux cyclistes Français que nous avions déjà croisés quelques jours plus tôt. Il va falloir un moral d'acier pour atteindre le Chili en vélo en franchissant plusieurs cols à plus de 4000 mètres et avec un vent de face. Une cinquantaine de kilomètres avant la frontière, nous sommes arrêtés par un camionneur inquiet de ne pas avoir vu passé d'autres confrères de la matinée. Il nous informe qu'il a neigé toute la nuit et que le col est actuellement fermé. Ils sont surement restés à Susques en attendant un temps plus clément. De notre côté, nous n'avons pas tellement de choix. Tous les cols de la région sont déjà fermés. De revenir en arrière ne nous avance à rien puisque nous ne pouvons aller nulle part. Nous prenons notre chance et continuons en direction de la frontière. A la frontière à 4095 mètres d'altitude, nous sommes informés que la route du coté Chilien est actuellement impraticable mais qu'ils risquent de pouvoir rouvrir dans l'après-midi. Puis non, pas aujourd'hui, prochaines infos le lendemain à 13h. En attendant, nous passons l'après-midi et la nuit à la station essence YPF avec une vingtaine d'autres personnes en attente de la réouverture du col. Après 24 heures d'attente, la tempête de neige ne cessant pas, nous sommes finalement informés que la route restera fermée pendant encore quelques jours. Le nord du Chili, ce n'est pas pour maintenant :-( En attendant, nous dévions notre itinéraire, rebroussons chemin sur un peu plus de 500 kilomètres afin de rejoindre la seule frontière actuellement ouverte, la Bolivie.


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