De la Belgique à la Suisse

Après trois bonnes semaines de navigation, Zorro est sur le point de toucher la terre ferme au pays de la frite, de la bière, de la gaufre, de tintin pour ne pas dire celui du chocolat.

Le dimanche matin, réveillés avec une heure de retard, nous embarquons de justesse sur un vol Easyjet à destination de Bruxelles. Nous flânons dans les ruelles de la ville comme les centaines d'autres touristes. Il fait bien plus frais qu'à Genève, mais la pluie incessante qu'à connu la Belgique depuis plusieurs semaines a laissé place à un beau ciel ensoleillé. Les pigeons en profitent pour se baigner dans les fontaines tendis que les Bruxellois se baladent sur les marchés aux puces.

Dans l'après-midi, nous retrouvons nos amis Sarah, Nicolas et leur fille Eléa rencontrés au Belize plus d'une année auparavant. C'est l'occasion de se détendre dans un parc pour une dégustation de bière accompagnée d'un concert en plein air.

Nous passons une agréable soirée en compagnie de nos amis qui ont eu aussi parcouru l'Amérique du Sud pendant quelques mois. Après une courte nuit de sommeil, Nicolas nous conduit jusqu'à la gare du Midi.

C'est l'heure des retrouvailles avec Lucette, Dirk et Wolfgang qui nous ont gentiment proposé de nous conduire au port de Zeebrugge, eux aussi en attente de leurs véhicules. Nous faisons une courte pause chez un déclarant en douane, puis arrivons au port chez Wilhelmsen. Après plus d'une heure d'attente, c'est finalement la camionnette de Wolfgang qui arrive en premier. Une courte inspection et il revient avec le sourire, tout est en ordre. Nous ne le voyons pas encore, mais pouvons déjà entendre le bruit du moteur, Zorro est arrivé ! Mise à part que nos deux batteries sont à plat (ils ont allumés le frigo par inadvertance…), il n'y a ni casse, ni vol. C'est l'heure du verdict pour le Sprinter de Lucette et Dirk. Le pare-choque est plié et malgré les panneaux en bois ajoutés entre la partie conducteur et l'arrière, ils n'ont pas pensé au petit bouton permettant le déverrouillage de toutes les portes depuis le siège conducteur. Du coup la partie habitable a été visitée, les visses bloquant les armoires sont dévissées, toutes leurs affaires sont éparpillées et les vêtements de Dirk se sont volatilisés. Espérons que leur assurance ne se défilera pas pour le remboursement du pare-choque.

Sur les routes françaises, le voyant des batteries s'allume. Il semble que la dynamo ne les recharge plus. Nous avions presque oublié ce que c'était de voyager avec un combi VW de 1974… Nous coupons tout ce qui pourrait utiliser de l'énergie. Pas de radio, pas de GPS et nous arrêtons avant la tombée de la nuit afin de ne pas enclencher les phares. Les doigts croisés, nous arrivons de justesse à la frontière Franco-Suisse ou les formalités sont vite expédiées avant de rejoindre Genève. Il n'y a plus qu'à recharger les batteries avec un chargeur.

Zorro est importé en Suisse en tant qu'effet de déménagement, ni droit de douane, ni TVA, juste 32 francs pour des frais administratifs. Prochaine étape, le contrôle technique au bureau des autos. Mais tout ça demande un peu de préparation.

Durant le voyage, au bout du téléphone mon père nous a souvent prouvé qu'il connait les bus VW sur le bout des doigts, il est temps de le voir à l'œuvre :-)

Tout commence avec la dynamo dont le boulon presque inaccessible de veut pas entendre parler de la clé. Du coup, c'est l'heure de la première descente du moteur sur sol Helvétique. Après identification des pièces à changer pour le contrôle technique, nous partons à Grenoble chez Serial-Kombi (www.serial-kombi.com), un spécialiste des vieux VW. Le montage des pièces peut commencer. Nous avons enfin trouvé un radiateur d'huile pour remplacer le notre qui coulait depuis plusieurs milliers de kilomètres. Nous changeons l'installation du klaxon qui n'est pas tout à fait aux normes Suisse. Trouvons une combine pour faire revivre le lave-glace d'origine qui n'a jamais fonctionné depuis l'achat de Zorro. Nettoyons la gaine du câble d'accélérateur et changeons le câble qui nous a donné du fil à retordre en se figeant lors de températures négatives. Nous changeons les vitres de phares arrière qui sont fendues, changeons les phares avant qui ne sont pas aux normes Suisse puisque les feux de positions sont jaunes au lieu de blanc. Changeons les pièces dans la colonne de direction afin d'enlever le petit jeu actuel. Trouvons un volant d'occasion au Garage Populaire, un spécialiste VW près de Morges.

Zorro a largement été mis à l'épreuve sur les routes d'Amérique du sud, il a bien entendu eu des petits rhumes, mais finalement il ne nous a jamais lâchés. Du coup, nous avons décidé de l'emmené au SPA pour une séance de massage, manucure, pédicure, chez un carrossier. Pendant qu'Enrico (78 ans, mais qui a toujours les yeux en face des trous...) s'occupe de meuler, souder, poncer et peindre, nous nous occupons des pare-choques, jantes, enjoliver et autres détails. C'est aussi l'occasion d'installer le nouveau pare-brise qu'Aless a acheté avant de quitter la Colombie.

Nous profitons d'avoir le lift du carrossier à disposition pour remettre mon père au travail. Changement d'une barre de direction, du pivot central qui a vraiment du jeu, de l'amortisseur de direction, une rotule de suspension et le tour est joué.

La visite technique est prévue le 12 juin et nous croisons les doigts !!!

Non sans quelques sueurs froides et des petites surprises à régler en dernière minute, la visite technique est passée avec succès. Zorro est officiellement Suisse. Quelle soulagement de savoir que nous n'étions pas complètement à côté de la plaque !

Encore un grand merci à mon papa qui malgré son emploi du temps bien chargé, nous a aidé et guidé pour la partie mécanique.



Histoire précédente - Colombie              Histoire suivante - Les retrouvailles