Brésil

Chuy, drôle de ville frontière entre l'Uruguay et le Brésil. Les formalités de sortie de l'Uruguay se font avant l'entrée de la ville. A partir de là, nous sommes dans une sorte de zone franche, où certains magasins proposent des articles hors-taxe. La rue principale sépare la ville en deux. D'un côté on paie en Pesos Uruguayen, de l'autre en Real Brésilien. Les formalités d'entrées au Brésil ne se font qu'à la sortie de la ville. En 15 minutes, le tour est joué.

Nous longeons la côte, d'un côté l'océan pacifique, de l'autre des lagunes. Au parc écologique de Do Taim bordant la route, nous avons l'opportunité de voir quelques crocodiles qui se dorent la pilule au soleil, des capibaras (ça ressemble à un cochon d'inde géant) qui broutent et se baignent dans les marécages ainsi que pleins de sortes d'oiseaux.

Dans cette région du sud du Brésil appelée Terra dos Gaùchos, nous traversons des centaines de kilomètres de champs cultivés par des Gaùchos (fermiers). Les chevaux sont partout. Ils sont utilisés pour labourer les cultures, pour les déplacements, pour le transport de toutes sortes de gravas, et ce, autant à la campagne que dans les villes.

Nous quittons momentanément la côte par les montagnes afin de rejoindre Canela. Non loin de là, nous visitons le parque estadual do Caracol, où une cascade de 131 mètres de haut apparait au milieu de végétation à perte de vue.

Nous faisons chemin jusqu'à l'île de Santa Catarina, près de Florianopolis. Nous pensions trouver une île avec des coins sauvages mais pour cause de mauvais temps, nous avons continué notre route. C'est sur la péninsule de Bombinhas, chez nos amis Delia et Mauro rencontrés à Montevideo que nous prenons racine pour une semaine. Nous en profitons pour faire des lessives, un nettoyage de printemps ainsi que quelques réglages sur notre véhicule. Mauro est médecin et Olga Psychologue ainsi qu'artiste à ses heures perdues. Nous rencontrons plusieurs de leurs amis. Voyageurs, artistes, professeur de yoga, chacun heureux de pouvoir nous inviter à passer un moment autour d'un maté ou d'une bonne bouteille de vin. C'est aussi une semaine culinaire. J'ai préparé des sushis végétariens, Olga nous à fait découvrir un plat Brésilien appelé « Feijoada » transformé façon végétarienne, Aless nous a fait ses fameuses pâtes sauce maison et notre nouvel ami Toco nous a cuisiné presque tous les jours des bananes flambées.

Afin de profiter des quelques jours de battement avant l'arrivée d'une nouvelle visite de ma mère, Béatrice, nous décidons de faire un saut de puce à Rio de Janeiro. Après quelques jours d'hésitation, Mauro et Delia décident de se joindre à nous. Vamos à RIO DE JANEIRO !!!! Nous faisons une première étape à Curitiba où nous passons une nuit chez leurs amis Minera et Gordo. Mi casa e tu casa. Ils vivent très simplement, mais tout comme dans la campagne Italienne, ils ont le sens de l'accueil. Minera s'est donnée de la peine à préparer un magnifique buffet végétarien composé de pleins de légumes que nous ne connaissions pas. Enfin quelqu'un qui comprend que végétarien ne rime pas seulement avec laitue... Après avoir installé notre combi dans le garage de Siddhartha, un ami rencontré en Inde, nous montons à bord d'un bus pour Rio de Janeiro.

Taina et Carlo, des amis médecins à Delia et Mauro vivant à Copacabana, nous proposent de nous héberger tous les quatre. Tous les dimanches, la route longeant la plage de Copacabana est fermée à la circulation afin de laisser place aux cyclistes, marcheurs, patineurs et coureurs. Nous avons retrouvé les chaleurs estivales et la baignade dans les eaux limpides est un régal. Sur la plage d'Ipanema, il y a de tout. De la musique live, un concours de surf, du volley ball, des équilibristes et j'en passe.

Le sommet du Corcovado offre une vue panoramique de 360 degrés à couper le souffle. D'un côté, nous pouvons voir la plage d'Ipanema et Copacabana avec le lac d'un côté et l'océan de l'autre. Un peu plus loin, il y a l'entrée de la baie avec un des emblèmes de la ville, le Pain de Sucre, une petite colline, accessible par téléférique. La vue d'ici nous permet de nous apercevoir que la ville a été construite en pleine nature. Il y a beaucoup de verdure, des allées bordées d'énormes arbres, des lacs, des collines, des rochers et bien entendu la mer. Les favelas ne sont pas aussi bancales que ce que j'imaginais. Certaines sont même équipées d'un ascenseur directement depuis la station de métro afin de facilité l'accès. L'Escadaria Selaron est l'œuvre d'un artiste Chilien qui a mis de la couleur dans le cartier de Lapa en recouvrant des escaliers de mosaïques récupérées. La ballade en tram à travers Santa Teresa est toute une aventure. Le véhicule s'arrête à plusieurs reprises pour le reconnecter aux câbles électriques. Nous sommes secoués dans tous les sens, ça monte, ça descend, les ruelles sont de plus en plus étroites. Finalement c'est presque les montagnes russes…

Après quelques jours de visite en compagnie de nos amis, nous devons reprendre la route pour Curitiba. Est-ce l'heure de la séparation ? Mauro et Delio nous proposent de les accompagner à Sao Paolo pour rencontrer leurs amis musiciens. Bon d'accord, c'est parti pour Sao Paolo où nous sommes accueils par leur amie Carol. Au programme, concert de musique populaire Brésilienne puis soirée entre amis accompagnée d'un excellent guitariste et d'un chanteur à la voie extraordinaire.

De retour à Curitiba, nous logeons chez Siddhartha qui nous fait découvrir ses talents culinaires. Son Tali Indien et ses Pani-Puri nous ravivent des souvenirs épicés.

Il est enfin venu le moment de l'arrivée de Béatrice, ma mère qui va voyager avec nous pendant quelques semaines. Après deux jours de route, nous arrivons aux fameuses chutes d'Iguazu. Il était difficile d'imaginer la configuration des 275 cascades qui se jettent 80 mètres plus bas dans le Rio Iguazu. Un petit tour en hélicoptère nous permet de voir tout ça du ciel. Une passerelle installée au milieu des chutes permet de sentir et voir l'impressionnant flux d'eau qui passe par là. Le mélange des rayons de soleil ainsi que des particules d'eaux forment de multiples arcs-en-ciel. Près de là, nous visitons aussi le parque des oiseaux, où les touristes peuvent traverser des volières. Les toucans posent pour les photos et sont très interactifs alors que les perroquets volent d'un côté à l'autre en prenant un malin plaisir à frôler nos têtes. Nous visitons aussi le barrage d'Itaipu, le barrage qui produit le plus d'énergie au monde et qui fait parti des 7 nouvelles merveilles du monde. L'énergie qu'il génère permet d'approvisionner 90 % du Paraguay ainsi que 20 % du Brésil. Finalement les chiffres des statistiques et les prouesses technologiques sont plus impressionnants que la visite visuelle du site.

Nous repassons la frontière de l'Argentine afin de voir les chutes sous un autre angle.

Sur les quelques pays déjà visités en Amérique du Sud, le Brésil aura été pour nous le pays de l'hospitalité. Nous avons été accueils par Delia & Mauro qui nous ont non seulement ouvert leur maison, mais avec qui nous avons lié une grande amitié. Leurs amis Minera & El Gordo à Curitiba, Taina & Carlo à Rio de Janeiro et Carol à Sao Paulo n'ont pas hésité à transformer leurs appartements en camping afin de nous héberger. Enfin, nous avons été accueils les bras ouverts par Siddhartha, Dhwani et Laila qui nous ont préparé une magnifique chambre et cuisiné des plats extraordinaires alors qu'ils sont en pleins travaux de rénovation. L'ouverture d'esprit de tous ces amis nous ont permis de communiquer dans une langue qui ne nous est pas familière en baragouinant des mots Espagnols avec une sorte d'accent Portugais… En dehors de ce cercle d'amis, nous avons trouvé la communication parfois difficile.

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Brésil, de retour 3 mois plus tard

Après une semaine de repos à Puerto Quijarro, nous retrouvons nos amis Français, Maud et Sébastien rencontrés cinq mois plus tôt au sud de l'Argentine. Ils se joignent à nous pour trois jours de traversée du Pantanal à bord d'un bateau navigant sur le Rio Paraguay. A Corumba, notre van embarque sur une barge remorquée par un bateau passager à destination de Porto Joffrey. Au cœur du Pantanal, nous avons l'opportunité de voir des centaines de caïmans se dorant la pilule, des aigrettes, des hérons, des martins-pêcheurs, des toucans, des cormorans faisant sécher leurs ailes au soleil, des nids de tuiuius perchés dans les arbres, des capibaras, des cerfs, des perroquets ara, des spatules rosées, des serpents, des éperviers et j'en passe… Nous avons cherché le jaguar, mais c'est lui a gagné la partie de cache-cache…

Ayant laissé leur véhicule à Puerto Quijarro, Maud et Sébastien font une boucle avec nous. C'est l'occasion pour Aless et moi de tester notre chambre d'ami et pour nos amis d'expérimenter les aléas du voyage en combi Volkswagen…

Le moteur de Zorro, saison 3, épisode 1 : Soixante kilomètres après Rondonopolis, lors du dépassement d'un camion, un bruit semblant être lié à l'embrayage nous oblige à nous arrêter immédiatement. A l'horizon, un camion est arrêté sur le bord de la route. Céline aux commandes, Maud, Sébastien et Aless poussent notre van sur quelques centaines de mètres jusqu'au camion. Ils ont deux pneus à plat et attendent un mécanicien de Rondonopolis. Une heure passe et il n'y a toujours personne. Aless et Sébastien décident de chercher une autre solution en se rendant à une Fazenda à quelques centaines de mètres de là. Ils nous proposent de nous envoyer un tracteur pour nous remorquer afin de nous mettre à l'abri des camions roulant à toute allure. En attendant le tracteur, une voiture de police s'arrête. Ils proposent de nous envoyer un mécanicien du village à une dizaine de kilomètres de là. Nous sommes remorqués par le véhicule de la Fazenda, puis par le garagiste. En à peine une heure, le moteur est en bas. Verdict : la connexion entre le volant moteur et le vilebrequin a cassé. Hypothèse.. ? Le boulon n'a sûrement pas été bien séré lors du dernier remontage du moteur à Roboré. Aless et le mécanicien partent avec le moteur complet jusqu'à Rondonopolis afin de réparer la connexion et reviennent dans la soirée. Au levé du soleil, le moteur est remonté et nous pouvons reprendre la route.

En chemin, nous nous arrêtons aux cascades de Sete Quedas afin de profiter d'une baignade dans des magnifiques piscines naturelles.

Le moteur de Zorro, saison 3, épisode 2 : Malheureusement le moteur perd beaucoup d'huile. A Campo Grande, un vendredi à 11h, nous trouvons un mécanicien qui accepte de descendre notre moteur pour la septième fois du voyage afin de changer le joint spie. Par la même occasion, il trouve une solution pour la fuite de la boîte à vitesse que nous trainons depuis le début du voyage. Le tout sous garantie. Mais faut-il encore repasser par ici.

Samedi matin nous reprenons la route en direction de Corumba. A environ quatre-vingts kilomètres de Campo Grande, nous nous arrêtons sur un air de repos. En quelques minutes, il y a une flaque d'huile sous notre véhicule. Que faire ? Rebrousser chemin et attendre jusqu'au lundi pour tout recommencer ? Continuer jusqu'à Corumba ? Avant de prendre une décision, Aless appelle Mauri, le mécanicien de Campo Grande. Il est encore à la cabine téléphonique que Mauri qui était parti faire de la pêche nous aperçoit sur l'air de repos. Il est plus rapide que l'éclaire !!! Il nous propose de passer le week-end dans un balneario à quelques kilomètres de là et d'identifier le problème le lundi matin.

Le moteur de Zorro, saison 3, épisode 3 : Le lundi, le moteur est redescendu. Une des hypothèses est que la fuite d'huile est liée à la connexion ayant cassé entre le vilebrequin et le volant moteur quelques jours plus tôt. Il suggère de faire des nouveaux trous et de changer les guides. Le travail qui devait être fini pour la fin d'après-midi est terminé le lendemain matin. Le travail n'a pas été fait de la manière demandée. Au lieu de nouveaux trous, ils ont forés des plus gros trous sur les trous existants et mis des guides plus grosses.

Nous reprenons la route en direction de la frontière Bolivienne en passant une nuit dans la boucle sud du Pantanal. Après 30 kilomètres de pistes et d'exploration des oiseaux, nous faisons demi-tour et rejoignons Corumba. Le moteur continue à perdre de l'huile.

Le moteur de Zorro, saison 3, épisode 4 : Fini les rafistolages, nous décidons de changer le vilebrequin entier. Durant les 3 jours chez un mécanicien de Corumba, le moteur est mis à nu, le bas moteur est envoyé chez un spécialiste des rectifications moteur afin de corriger un léger jeu et le tout est remonté. Durant l'opération, nous nous sommes rendu compte que les quatre pistons et deux des bielles ont étés montés à l'envers à Roboré. Cela pourrait expliquer les dégâts survenus entre le vilebrequin et le volant moteur. Le moteur a beau super bien tourner, il continue à perdre un petit peu d'huile.

Le moteur de Zorro, saison 3, épisode 5 : Après une nuit de repos, Aless retourne chez le mécanicien de Corumba afin d'identifier la fuite. La bonne nouvelle est que ça ne vient plus du bloc moteur. Il s'agit d'une fuite du radiateur à huile. Hypothèse, les joints du moteur Brésilien ne sont pas exactement les mêmes que les Mexicains.

Après un mois à explorer la région du Pantanal et à passer d'un mécanicien à l'autre, ça y est, nous sommes prêts à passer à autre chose. Toujours en compagnie de Maud et Sébastien, nous prenons la route pour Miranda où nous attend l'arbre à Tucan. En pleine ville, chaque jour dès 17 heure, des dizaines de toucans viennent faire les beaux sur un énorme arbre d'un parc abandonné. Nous passons deux nuits dans une Posada tenue par une Suissesse. C'est l'occasion de voir, de photographier et de jouer avec un magnifique perroquet Arara Azul.

Nous continuons par Bonito, connu pour ses rivières, ses grottes et lagunes aux eaux translucides. Durant les deux jours passés au camping Rio Formoso, nous passons notre temps à descendre et remonter le courant de la rivière en snorkeling. L'eau n'est pas si transparente, mais il y a de quoi s'amuser. Les prix des attractions touristiques nous glacent le sang. Une seule plongée en bouteille coûte entre 130 et 300 francs sachant que le prix normal peut varier de 25 francs au Mexique à 80 francs aux Maldives. Les deux heures de snorkeling dans la Laguna Misteriosa coûte 60 francs alors qu'il faut compter 5 francs au Mexique pour le même genre d'endroit, pour une journée complète, sans avoir à porter un gilet empêchant l'exploration en apnée.

Malgré les prix, à Jardim nous décidons tout de même de faire la descente en snorkeling de la rivière « Rio Da Prata ». Nous ne sommes pas déçus. L'eau est transparente à perte de vue, le soleil illumine les magnifiques bancs de poissons. Grâce à un léger courant, nous n'avons qu'à nous laisser aller et admirer les fonds aquatiques défilant sous nos yeux.

C'est un samedi matin que nous arrivons à la frontière de Pedro Juan Cabaillero au Paraguay. Après avoir fait les papiers de sortie du Brésil et l'immigration pour l'entrée au Paraguay, nous sommes informés que la douane Paraguayenne est fermée et n'ouvrira que lundi matin. En attendant, nous passons deux jours à arpenter les rayons d'un énorme magasin hors taxe. C'est l'occasion d'acheter un nouvel appareil photo pour le même prix qu'aux Etats-Unis. Lundi matin, les papiers du véhicule sont fait, nous passons officiellement au Paraguay.


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