Brésil, Amazonie

Sur l'île d'Ilhabela, à 4 heures de bus de Sao Paulo, nous sommes attendus par Marcello qui nous accueille généreusement dans son auberge « Posada Ayurus ». Marcello ne manque pas d'idées de projets qu'il développe à travers son institut « Instituto Dharma ». Rafael est spécialisé dans l'agronomie et s'occupe de divers projets, dont l'un est d'aider les communautés plus défavorisées à créer un potager biologique. Gabriela est biologiste marine et a plusieurs projets à développer sur la recherche et la protection de la faune et la flore sous-marine autour de l'île. Durant nos deux semaines sur Ilhabela, nous les aidons à prendre des photos de poissons, crustacés et coraux autour de l'îlot « Ilha das Cabras » avant de les identifier et répertorier. Afin de faire connaitre la richesse des fonds sous-marins de cette zone, j'édite une petite vidéo qui sera jointe à une pétition comprenant 300 signatures ainsi que plusieurs lettres de soutien. Le dossier sera soumis à la municipalité d'Ilhabela afin de préserver cette zone en créant le premier Parc Municipal Marin du Brésil. Cliquez ici pour voir la vidéo

Cette année, le carnaval est tard dans la saison et c'est l'occasion pour nous de vivre LE Carnaval du Brésil. Chaque école de samba présente un cortège avec son propre thème, des costumes accordés et une chanson chantée en direct ainsi qu'un groupe de percussionnistes. Chaque cortège est noté selon la qualité des costumes, de la musique, des tambours, de la vitesse à laquelle ils défilent ainsi que des chorégraphies. Sur l'île c'est un carnaval miniature où les habitants se retrouvent pour festoyer, boire et danser dans la rue.

Nous prenons la route avec Marcello et son VW combi Anette dans son périple Alegria sobre Rodas. Il s'arrête dans différentes communautés afin de leur faire découvrir d'autres cultures et environnements à travers la projection de petits films. Les yeux des enfants de la communauté Guarani Rio Silveiras brillent en visionnant les danses traditionnelles de leurs confrères indigènes en Amazonie.

A Curitiba, nous quittons Marcello pour rejoindre la péninsule de Bombinha en bus. Nous avions rencontrés Delia & Mauro en Uruguay, puis les avions rejoints quelques semaines plus tard chez eux à Bombinha. Nous avions même fait une virée à Rio de Janeiro tous ensemble. Si nous avions déjà été très touchés par leur accueil à l'époque, nous sommes une fois de plus bouche bé. Ils nous mettent leur appartement de vacances à disposition au bord de la plage Cuatro Ilhas. Depuis notre dernière rencontre, leur vie à pris un nouveau tournant puisqu'ils ont adoptés deux sœurs de 7 et 9 ans. L'appartement nous laisse donc l'opportunité de passer des moments avec eux sans pour autant déséquilibrer leur organisation. C'est aussi l'occasion de revoir notre ami commun Toco qui nous avait rejoints au Pérou ainsi qu'en Bolivie. Il nous prête sa moto durant deux semaines afin de nous laisser la liberté de nous déplacer sur la péninsule. Il nous emmène faire des sorties en bateau, du snorkeling ou du wake board. Nous avons surtout pris goût à faire le tour de l'île de Porto Belo en stand-up paddle. Debout sur une grande planche, nous avançons à l'aide d'une rame. C'est parfait pour découvrir les petites criques et faire un peu d'exercice. Encore un grand merci à vous tous pour avoir fait de ce séjour de véritables vacances !

Après deux semaines nous retrouvons Marcello à l'aéroport de Sao Paulo et volons ensemble sur Manaus en Amazonie où nous sommes reçu par Peter et Denise, des amis de longue date de Marcello. Au mois de septembre, un group d'une vingtaine d'étudiants d'une université de musique Allemande viendra donner plusieurs concerts dans différentes communauté de la région du Rio Negro. Marcello est en charge d'organiser cette rencontre interculturelle qui aura lieu en septembre 2014. Nous faisons la rencontre de Christian, musicien et responsable de la section musicale de l'université, ainsi que de Thomas, musicien et écrivain. Nous les accompagnerons dans les différentes rencontres, dans les communautés ainsi qu'au bureau du secrétaire de la culture de Manaus.

Manaus est une ville de 1,9 millions d'habitants au milieu de l'Amazonie. N'étant point reliée par le réseau routier, la ville est accessible par voie aérienne ou fluviale. Le Rio Negro, à la couleur du cola, prend sa source en Colombie. Le Rio Solimões, à la couleur chocolat au lait, prend sa source au Pérou. Les deux fleuves se rejoignent à Manaus pour former l'Amazone qui ira se jeter dans l'Atlantique à Belem. Une sortie en bateau jusqu'à la « rencontre des eaux » permet de se rendre compte de la différence de couleur des deux rivières.

Nous rejoignons ensuite la petite ville de Novo Airão, au bord du Rio Negro, à 180 kilomètres en amont de Manaus. Marcello a acheté un terrain à 15 minutes de bateau, en pleine jungle. Son projet est d'y créer une université libre offrant un cours d'entreprenariat social, aspirant à enseigner une nouvelle vision du monde en développant la solidarité, la créativité, la critique, la prévision de conséquence et le développement de solutions. Cliquez ici pour en savoir plus

Les dauphins roses qui peuplent les fleuves d'Amazonie sont en voie d'extinction. Une légende racontant que le cétacé se transforme en homme et féconde les femmes, continue à se transmettre de génération en génération. Pour les gens vivant le long des cours d'eau, le dauphin est à la fois une proie et un concurrent qui inspire la méfiance. Si le nombre de poissons est en déclin en Amazonie, c'est de la faute des dauphins et non pas de la surpêche et de la pollution. Malgré les réglementations et interdictions, ils continuent à être illégalement chassés et finissent en appât pour la pêche au poisson-chat.

Il y a des années, Marilda et ses filles ont commencé à nourrir les dauphins qui venaient occasionnellement près du rivage. Aujourd'hui, douze dauphins d'eau douce de la région vivant à l'état sauvage, font leur apparition de temps en temps pour un diné facile. Sans routine régulière, certains se montrent quelques jours consécutifs puis disparaissent pour quelques temps. Je ne suis pas enthousiaste de nourrir les animaux sauvages pour les observer mais cette méthode permet d'attirer les touristes venus admirer les dauphins. C'est donc une manière de changer leur réputation et de faire comprendre qu'ils peuvent aussi être source de revenus « en vie », par le tourisme. Lors d'une réunion publique, plusieurs partis se sont mis d'accord pour sensibiliser les générations à venir et je me suis engagée à aider l'Instituto Dharma dans la production d'un petit film qui sera présenté dans les communautés environnantes. Nous avons donc passé plusieurs heures dans l'eau à filmer les dauphins dans l'eau obscure du Rio Negro. La visibilité étant réduite à environ un mètre, il est surprenant de les sentir se frotter à nos jambes sans pour autant pouvoir les apercevoir.

Peter et son chien Boris sont venus nous rejoindre à Novo Airão en bateau pour le week-end. Au mois d'avril, le Rio Negro est presque à son niveau maximum. Les plages ont disparues et les forêts sont complètement inondées voir englouties sous les eaux. Une balade en bateau dans le parc national Anavilhanas, le deuxième plus grand archipel en rivière au monde avec approximativement 400 îles, nous a permis de nous immerger dans l'Amazonie, là ou seul le chant des oiseaux interfère au silence absolu. Cette immensité visuelle ainsi que le vide acoustique me fait perdre tous mes reperds. Me sentir embrassée par la nature m'en donne presque la chaire de poule.

Ce séjour au Brésil nous aura encore démontré que nous avons beau venir de pays « développés », nous avons encore beaucoup à apprendre sur les relations humaines. Durant les 40 jours passés au Brésil, nous n'avons pas dormi une seule fois à l'hôtel. Nous avons été hébergés par Marcello à Ilhabela ainsi que par Delia & Mauro à Bombinha, tous des amis que nous avons rencontré lors de notre voyage en Amérique du sud. Nous avons aussi été hébergés par Denise & Peter à Manaus ainsi que Sonia à Novo Airão, tous des amis de Marcello que nous avons rencontrés pour la première fois. Puis nous avons été invités par Cecilia & Matias à Sao Paulo, un couple d'Argentins brièvement rencontrés à Ilhabela quelques semaines plus tôt. Ils ont fait le déplacement pour venir nous chercher à l'aéroport à 5h30 du matin, malgré les embouteillages. Ils nous ont même laissés leur chambre à coucher pour dormir sur le canapé. Nous avons une fois de plus été époustouflés et très touchés par cette générosité. Un grand merci à tous !



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