Chili

Ca y est, nous sommes officiellement en Amérique du Sud !

Dès notre arrivée à Santiago, nous nous mettons en contact avec les différentes agences afin de récupérer notre véhicule. Il n'y a plus qu'à attendre l'arrivée du bateau le dimanche. Nous passons une partie du week-end à Santiago avec notre amie Paola, rencontrée en Inde il y a quelques années. Le centre ville ressemble à certaines villes européennes. Les voitures sont récentes, les rues sont propres, les gens on l'air de ne manquer de rien. Paola nous emmène voir une partie moins glamour de la ville. Au marché la Vega Chica, on se croirait plus en Inde, mais c'est ici qu'il faut goûter un des plats locaux appelé Porotos con Rienda. Un régal !

Les chiens eux, sont toujours présents, mais ici, fini les petits squelettes Mexicains. Ce sont des gros nounours qui n'ont pas de temps à perdre à chercher des miettes, car bien trop occupés à dormir ou à jouer. A Valparaiso, les maisons sont bien colorées et il est agréable de se promener dans le centre historique surplombant la ville (Cerro Alegre) ainsi que le port. Nous pouvons même voir le déchargement de Baya Castillo, le bateau transportant notre van. Vivement demain !

Dès le matin, aidé par un déclarant de la société Alan Smith, nous commençons les formalités douanières et obtenons notre permis de transit. Nous payons l'assurance pour le container, puis les frais de gating ainsi que les frais de port. Malgré notre formation professionnelle dans le milieu des transports, les frais pour la sortie du port nous semblent bien élevés. Sans compter que dans un des déplacements en métro, notre porte-monnaie s'est volatilisé. Le plus important est que notre véhicule soit sorti du port dans la journée et a fait un voyage sans égratignure. Nous avons payé 1875 USD pour le transport de Colon au Panama jusqu'à Valparaiso au Chili, plus les frais de port à environ 800 USD.

C'est parti pour le sud ! La encore, fini les routes libres, ici il y a des péages et l'essence est plus cher qu'en Amérique du nord. Nous prenons tous ça comme un jeu et arrêtons de penser à l'argent. C'est un peu un Monopoli, nous payons un droit de passage, un droit de parking, un hôtel, etc.

Nous reprenons notre rythme de voyage loin des grandes villes et près de la nature. Nous passons tout d'abord par la région des vins et redécouvrons le fromage, puis nous approchons de la région des rivières, des lacs et des volcans. Les nuits se rafraichissent et c'est un plaisir de profiter de la chaleur des bains thermaux de la région afin de se réchauffer au clair de lune avant de s'emmitoufler pour une bonne nuit de sommeil. La région du lac de Villarica offre une multitude de choix pour les amateurs d'aventure. Nous nous lançons pour un après-midi rafting sur la rivière Upper Trancura (class IV). Dernier sourire, la gorge du diable, rapide de la peur, sont les noms des différents rapides et chutes que nous passons avec une poussée d'adrénaline, mais sans passer à l'eau… Arrivés à une cascade infranchissable, il faut tout de même se jeter d'une hauteur d'environ 5 mètres afin de la contourner.

Nous continuons notre route par Valdivia, où les lions de mer remontent les 15 km de rivière afin de se reposer sur les pontons en face du marché aux poissons. Nous faisons la connaissance de Sven, un Allemand en vacances chez la famille de sa femme Chilienne qui nous invite à nous réchauffer dans la maison. Nous tombons sur les images du tremblement de terre au Japon. La vague du tsunami va arriver sur les côtes Chiliennes dans quelques heures. Valdivia fût l'épicentre du plus grand tremblement de terre de l'histoire en 1960 avec une magnitude de 9.5 sur l'échelle de Richter. La famille nous raconte comment ils ont vécu les différents événements, dont celui de l'an dernier.

C'est à Osorno que nous quittons la route panaméricaine afin de rejoindre la frontière de l'Argentine de l'autre côté de la Cordillère des Andes. Après avoir traversé les 41 kilomètres qui séparent le bureau de douane Chilien de l'Argentin, notre véhicule est rejeté car nous ne possédons pas d'assurance RC internationale. Mais où est le vendeur d'assurance qui se trouve normalement à chaque frontière ? Ben du côté Chilien, de l'autre côté de la montagne. Nous aurons donc passé trois fois le même col dans la même journée, soit un petit 82 kilomètres supplémentaire sur notre trajet !

Quelques semaines plus tard, nous quittons momentanément l'Argentine afin de rejoindre le parc national de Torres del Paine au Chili. Il s'agit d'un petit massif, dont celui du Cerros del Paine, formant trois piliers de granit. Nous faisons la randonnée de 7 heures jusqu'au Mirador Las Torres, accompagnés de quelques flocons durant la dernière partie. Ce n'est qu'une fois arrivés au sommet que nous découvrons le spectacle. Un lac est encerclé par les gigantesques piliers et entouré d'un manteau de neige. Les différents lacs du parc ont une couleur magnifique. Nous avons spécialement aimé la Laguna Amarga, bordée de flamants roses. Nous y avons passé la nuit sous un magnifique ciel étoilé.

C'est à Punta Arenas que nous rejoignons le détroit de Magellan. Malheureusement la visite des pingouins sur l'île de Magdalena est annulée pour cause de fort vent, mais nous avons tout de même l'opportunité de voir une petite colonie près de Punta Arenas. Nous profitons aussi de la zone franche pour acheter des sacs de couchage un peu plus chaud ainsi qu'un nouveau réchaud à gaz afin de pouvoir cuisiner à l'intérieur de notre van et nous réchauffer par la même occasion (ce qui n'est pas possible avec notre réchaud à essence).

Nous rejoignons Terre de Feu à Porvenir en ferry. Là encore nous parcourrons quelques heures de route sur une piste, sans croiser âme qui vive. Les paysages sont toujours aussi beaux. L'île fût baptisée Terre de Feu à cause des feux faits par les indigènes qu'Hernando de Magallanes aperçut depuis son bateau. Nous repassons en Argentine pour rejoindre Ushuaia à la pointe sur du continent.

De retour au Chili, nous retournons vivre l'expérience magique des pingouins Rois. A quelques kilomètres de là, nous rencontrons Yvonne et Raphaël de Zürich. Déçus de ne pas avoir trouvé la cachette des pingouins, nous leur proposons de nous accompagner. Près de là, Nous tombons sur Jean-Jacques et Martine, qui ne sont pas encore allés jusqu'au bout des explications que nous leurs avons données quelques jours plus tôt. C'est tous les six que nous passons ce moment magique sur la plage à admirer les pingouins et un super couché de soleil. Nous sommes agréablement accueillis par l'Estancia Tres Hermanos qui propose un abri-vent pour la tente de toit du véhicule à Yvonne et Raphaël.

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Chili, de retour 8 mois plus tard

Après quelques jours sans appétit (dû au mal d'altitude), la descente sur San Pedro de Atacama nous fait du bien. A 2200 mètres d'altitude, le climat est super agréable et c'est l'opportunité de nous détendre sur des terrasses pour des petits déjeuners ensoleillés. Ce village touristique d'origine minière est situé dans le Désert d'Atacama, une des régions les plus arides de la planète.

Après avoir vu de magnifiques lagunes dans le sud de la Bolivie, il est temps de nous immerger dans celles du désert d'Atacama. Nous passons un après-midi à nous jeter dans l'Ojo del Salar, deux trous d'eau légèrement salée et sulfurisée, en plein désert. L'eau est plutôt froide, mais c'est une bonne excuse pour passer une nuit sous un ciel étoilé, alors que les tours y passent qu'une petite demie heure, puis s'éclipsent après le couché du soleil. Nous visitons ensuite la Laguna Tebinquiche, trop salée pour la baignade, mais un régal pour les yeux. Sur le chemin du retour, nous faisons une dernière halte balnéaire à la Laguna Cejar. Ici, c'est comme se baigner dans la mer morte, la densité de l'eau salée fait qu'on flotte sans effort…

De retour à San Pedro de Atacama, nous retrouvons nos amis Autrichiens, Christina et Christoph, rencontrés quelques mois plus tôt dans le garage d'Ernesto Hug, à La Paz. Après deux jours à échanger nos histoires, nous passons notre dernière nuit au bord de la Valle de la Luna.

Notre séjour à San Pedro de Atacama nous permet aussi de participer à une Exploration du ciel Autral, un observatoire installé en plein désert par un Français. C'est avec humour qu'Alain nous fait découvrir les étoiles, les planètes et des constellations à travers ses télescopes. Plus de détails sur www.spaceobs.com

Au milieu de la nuit, nous avons l'impression que notre van avance, ça tremble comme lorsque nous sommes sur une piste de terre et de cailloux. Un coup d'œil à travers les rideaux nous rassure, ce n'est pas notre van qui avance, mais la terre qui tremble… Le pays étant placé à la jonction de deux plaques tectoniques, les tremblements de terre font parti du quotidien des Chiliens. Durant notre séjour à San Pedro de Atacama, nous avons senti la terre trembler à deux reprises, à une magnitude de 5.2 et de 5.4 sur l'échelle de Richter.

La route pour le Pérou est longue, les paysages désertiques sont monotones, le bord de mer est bondé de détritus, on ne reconnait plus le Chili. Après une nuit à Iquique, nous arrivons finalement à Arica, dernière ville avant le passage au Pérou, où nous sommes chaleureusement accueillis par Jennifer et Jérémy dans l'hostel Arica Unite. Nous pensions y passer la nuit et traverser la frontière le lendemain. Au final, nous y restons presque une semaine. C'est aussi l'occasion pour Aless de se remettre sur une planche de surf, entouré de tortues marines.



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