Colombie

Afin de pouvoir nous acquitter des péages Colombiens, nous changeons 100 dollars en Pesos à l'entée du pays. Quinze minutes plus tard, nous réalisons que nous venons de perdre 30 dollars dans la transaction. Bref, nous n'avons pas de temps à perdre, il faut avancer afin de rejoindre Bogota au plus vite.

Nous suivons le relief des collines verdoyantes. Le paysage peut parfois faire penser aux prairies Helvétiques, à quelques détails près. Des yucas, palmiers, ou bananiers prennent la place des sapins, plus exotique que le pays d'Heidi. La route monte, descend, tourne et ne s'arrête jamais. Quoique passé Popayan, nous avons droit à trois cents kilomètres de répits sur une route plus ou moins droite. Ici, les gros moyens sont mis en œuvre pour la culture de la canne à sucre. Après avoir rempli les wagons de cannes, les trains routiers attelant jusqu'à cinq wagons à la fois, acheminent la canne aux usines. Inutile de vous dire que nous nous sentons tout petit lors du dépassement des ces monstres.

La traversée de la deuxième cordillère entre Armenia et Bogota est interminable. Sur la Panaméricaine, route principale du pays, il faut savoir prendre son mal en patience. Nous suivons les camions à une vitesse de 20 km/h des heures durant, évitons les chauffards faisant des dépassements à l'aveugle, évitons les pierres tombant de la montagne, franchissons des affaissements de terrain avec précaution et tentons à notre tour des dépassements risqués, malgré la succession de virages serrés.

Même si nous avions entendu dire que les routes Colombienne étaient des montagnes russes, nous étions loin d'imaginer que nous allions parcourir les 1150 kilomètres séparant Quito de Bogota, à une vitesse moyenne de 38 kilomètres par heure. Ici, un itinéraire ne se calcule pas en distance, mais en temps.

Nous arrivons finalement chez nos amis Juan Carlos, Catalina et leurs enfants Nicolas et Tomas, rencontrés sur l'île d'Isabela. Quelques jours plus tôt, depuis les Galápagos, nous les avions contactés pour savoir s'ils connaissaient un endroit où laisser notre véhicule en sécurité. Quelques jours plus tard, nous voilà chez eux, prêts à laisser notre van dans leur garage pour une période de 3 mois. Tout comme avec nos amis Brésiliens, ce sont les bras ouverts et avec beaucoup de spontanéité que nous sommes chaleureusement accueillis par Juan Carlos et Catalina, heureux de pouvoir nous tirer une épine du pied. Les retrouvailles sont brèves, puisque nous prenons notre vol le lendemain.

Notre passage à Bogota est aussi l'occasion de revoir Francisco. Aless et Francisco se sont rencontrés à Jérusalem, en Israël en 2000 et ont voyagés durant plus d'un mois jusqu'en Egypte, où leurs chemins se sont séparés. Ils avaient perdu le contact, avant de reconnecter par email il y a quelques années. Après douze ans, les grands esprits se rencontrent à nouveau sur la terre natale de Francisco et sa femme Adriana.

Tout comme l'Equateur, nous avons traversé la Colombie sans avoir l'opportunité de connaitre les secrets du pays. Il faut bien laisser des espaces inconnus à visiter d'ici notre retraite…

Après 144 heures de voyage, Genève nous accueille avec un petit -10°C au thermomètre.

LE RETOUR EN SUISSE : Un casse tête chinois à résoudre en Colombie.

Avec 90 jours d'importation temporaire du véhicule en Colombie, la marge de manœuvre n'est pas bien grande. Même si nous sommes en Suisse, il faut penser à la suite, et vite.

Vendre notre véhicule en Colombie ? L'envoyer au Mexique par bateau ? L'envoyer en Europe et l'importer en Suisse ?

Affaire à suivre…


Du 3 au 16 avril 2012

Après de plus amples recherches, la décision est prise, Zorro mettra le cap sur l'Europe.

Le 3 avril 2012, Aless repart seul pour Bogota ou il pense échapper une fois de plus à son anniversaire. C'est en compagnie d'Adriana ayant sa fête le même jour, ainsi que Francisco qu'il partagera cette journée en famille.

Le van démarre, il est prêt à continuer la traversée de la Colombie afin de rejoindre Carthagène. Les 1100 kilomètres séparant la capitale de la ville portuaire, sont parcouru en deux bonnes journées de conduite, avec énormément de contrôles militaires dont aucun ne semble intéressé par l'inspection de notre véhicule.

Grâce aux services de Luis Ernesto de la compagnie Enlace Caribe, les formalités au port sont un jeu d'enfant. En attendant l'arrivée du bateau qui se fait désirer, Aless passe quelques jours à l'hôtel Bellavista, lieu de transit des voyageurs. Chris, Hervé et Louana attendent leur camping-car en provenance du Panama. Cinq véhicules vont être chargés sur un bateau pour le Panama, dont trois d'entre eux vont changer de navire afin de rejoindre la Belgique. Parmi les véhicules à destination du Panama, celui de Josiane et Jean-Marie, rencontrés quelques mois plus tôt à Lima.

Aless fait aussi la rencontre de Véro, une Française voyageant avec Dream, son chien et Scani, un camion de 9 mètres de long et 29,5 tonnes qui va rejoindre Houston dans quelques jours. Une rencontre dont l'histoire semble familière. Ca nous revient, Martine et Jean-Jacques nous ont parlé d'elle lors de notre dernière rencontre à Genève il y deux mois. Décidément le monde est vraiment petit…

Depuis le temps que nous attendions le croisement de nos chemins, c'est finalement dans la magnifique ville coloniale de Carthagène qu'Aless retrouve Thierry, notre ancien collègue de travail ayant pris goût au voyage depuis bientôt une année. Malheureusement le timing ne nous a pas permis de faire un bout de route ensemble, mais ce n'est que partie remise.

C'est l'heure du contrôle anti-drogue, dernière étape avant de souhaiter un bon voyage à Zorro, qui va quitter le continent Américain pour une transatlantique à bord d'un bateau RORO. Rendez-vous dans trois semaines à Zeebrugge où nous espérons le retrouver dans le même état...



Histoire précédente - Iles Galapagos              Histoire suivante - Belgique