Finlande

Cette première journée en Finlande est la dernière des 16 journées consécutives durant lesquelles le soleil ne s'est pas couché. Le lendemain matin, Aless reçoit l'appel qu'il redoutait. Alors que sa maman continue à se battre contre le cancer, son papa est hospitalisé d'urgence. A plus de 400 kilomètres de l'aéroport le plus proche, nous prenons immédiatement la route pour Rovaniemi d'où il prendra l'avion le lendemain matin.

De mon côté, je continu la route avec Zorro, en attendant l'arrivée de nos amis les Sixenroute que nous avions prévu de retrouver quelques jours plus tard. A quelques kilomètres du cercle polaire, je m'installe sur une jolie petite plage aux abords du lac de Kotajärvi afin d'admirer le soleil couchant.

La Laponie évoquera pour beaucoup le pays du père-noël. Sur la ligne du cercle polaire j'ai en effet visité le village du père noël. Mais la Laponie est surtout le territoire des Sami (ou Lapons), les autochtones occupant un territoire s'étendant sur la Norvège, la Suède, la Finlande ainsi que la péninsule de Kola en Russie. Dès notre arrivée dans cette régions, nous sommes sous le charme des rennes se reposant le long des routes ou slalomant maladroitement entre les voitures. Les cervidés, vivant en semi-liberté, appartiennent pour la plupart au peuple Sami. Alors qu'à l'époque les éleveurs accompagnaient et déplaçaient sans cesse leurs troupeaux, ils sont aujourd'hui assignés à des parcelles de pâturage sur des territoires prescrits et réglementés. Les rennes, élevés principalement pour leur peau et leur viande, passent l'hiver dans la tundra montagneuse, rejoignent le campement au moins de juin afin de marquer les petits, puis rejoignent les pâturages d'été. Afin d'entretenir les centaines de kilomètres de clôture, les Sami sont aujourd'hui forcés à se déplacer en motoneige ou en 4x4.

Après l'arrivée des Sixenroute, nous quittons la région de Kemijärvi pour rejoindre le parc national d'Oulanka. Une marche le long du canyon nous permet de d'observer la différence entre les forets exploitées ou non. Une sorte de rail traverse la foret afin d'acheminer de petits bateaux jusqu'au lac, à quelques dizaines de mètres en contre bas. A voir l'installation, on dirait une montagne russe qui fini sa course dans un lac. La couleur rouille des rapides est fidèle à la couleur des lacs et rivière dans lesquels nous nous baignons tout au long de la Finlande. Un surplomb nous offre une vue panoramique sur l'étendue des kilomètres de foret, où se cachent des ours, élans, loups, lynx et gloutons. Ici, nous ne verrons rien d'autre qu'un écureuil.

A une trentaine de kilomètres au nord de Suomussalmi, le peuple silencieux occupe un champ aux abords de la route. Mille épouvantails sont habillés d'anciens vêtements donnés par les villageois du coin. Des mottes de terre recouvertes d'herbe à la place des têtes créent de beaux personnages excentriques. A quoi ressemblerait ce site si nous enlevions les vêtements et mottes de terre?

A quelques kilomètres de la frontière Russe, le domaine de randonnée de Ruuna nous permet de nous balader le long de la rivière. A la place d'un pont, deux barques installées de chaque côté de la rivière permet de traverser la rivière de manière autonome. La seule condition est de laisser un bateau de chaque côté pour les prochains marcheurs. C'est un peu le casse-tête du loup, de la chèvre et du chou pour ceux qui connaissent…

Alors qu'une semaine plus tôt nous étions éblouis par le soleil tout au long de la nuit, il fait maintenant nuit la nuit. Malgré la lumière du jour 24 heure sur 24, nous n'avons jamais eu de peine à dormir, même si avec les soleils de minuit, les nuits ont eu tendance à se décaler. Finalement c'est comme pour la sieste, si on est fatigué, on s'endort, avec ou sans lumière.

Nous continuons à longer la frontière Russe et à enchainer les parcs nationaux dans l'espoir d'apercevoir des animaux.

Au parc national de Patvinsuo, nous nous relaxons sur une plage de sable aux abords du lac de Suomunjärvi et profitons du poêle à disposition pour faire des crêpes cuites au feu de bois. Il faut dire que le parc est extrêmement bien aménagé aves des refuges, des bûches de bois, des poêles, des toilettes sèches ainsi que des tours d'observations. Le lendemain à 4h du matin, équipés de thermos de thé chaud, de couvertures et hammock, nous rejoignons la tour d'observation de Teretinniemi, située au milieu d'une zone marécageuse où un ours a fait son apparition trois semaines plus tôt. Bien installés, nous attendons silencieusement l'apparition d'un animal, quel qu'il soit. Après avoir observé deux cygnes et leurs petits en trois heures et demie d'attente, nous rebroussons chemin.

Le ranger du parc national de Petkeljärvi nous informe qu'en 20 ans, il n'a rencontré que deux ours. Et les élans ? Comme toutes les personnes à qui nous avons demandées, l'endroit ou nous avons le plus de chance de voir un élan est sur la route, au levé ou au couché du soleil. Nous mettons toutes les chances de notre côté et quittons le parc national à 21h afin de conduire le long des forets au crépuscule. A minuit, il fait nuit noir et nous n'avons toujours pas vu d'élans.

Au centre de la ville d'Imatra, ville frontière avec la Russie, un barrage hydraulique retient l'eau de la rivière de Vuoksi. Chaque jour, le barrage est ouvert et en quelques minutes, la rivière asséchée est transformée en un canyon à l'eau tournoyante.

Nous continuons notre chemin par Lappenranta ou nous profitons de la plage et ses aménagements gratuits dont un toboggan et des plongeoirs. C'est aussi l'occasion d'admirer les énormes sculptures de sable exposées au bord du lac.

Nous visitons ensuite la petite ville médiévale de Porvoo et ses maisons de bois avant de prendre la route pour Helsinki. Dans la capitale, nous nous installons sur le parking du stade olympique, à quelques pas du centre ville et du parc d'attraction.

Malgré les paysages peu variés, le pays nous aura offert deux semaines de grande liberté et de paix. Il y a de la place pour tout le monde et les Finlandais sont plutôt discrets. Les lacs et rivières abondent et nous offrent des supers coins pour la nuit. La foret recouvrant le pays regorge de champignons et baies que nous avons cueillis et mangés sans modération. Malheureusement, nous n'avons pas eu la chance de voir les animaux sauvages, dont l'ours et l'élan que nous avions pu observer sans difficulté aux Etats Unis. Alors que nous nous étions préparés mentalement à vivre un véritable enfer avec les moustiques, nous sommes soulagés de nous apercevoir qu'en fin juillet, il n'y en a pas plus qu'ailleurs.

Nous quittons le pays par Turku en navigant à travers son archipel afin de rejoindre la capitale Suédoise.



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