Guatemala, El Salvador & Honduras

Le passage de la frontière de Benque del Carmen/Melchor de Mencos entre le Belize et le Guatemala se fait assez facilement. Il faut tout d'abord faire les formalités de sortie du Belize en s'acquittant de 37.50 B (~19 USD) par personne ainsi que l'annulation du permis de transit du véhicule. Il faut ensuite refaire une fumigation 40 Q puis passer à l'immigration du côté du Guatemala (20 Q par personne) où nous recevons un visa de 90 jours. Pour le véhicule, nous devons encore payer 55 Q et voilà, le tour est joué.

Nous passons notre première nuit au Guatemala à l'entrée du site archéologique de Tikal, un des sites les plus importants de l'empire Maya. A côté de nous, un autre bus VW rouge (T4, dernier modèle) aux plaques Allemandes est installé. Helga et Karl, un couple de retraités, ont expédié leur bus depuis l'Allemagne jusqu'à Sao Polo et ont parcouru les routes de l'Amérique du Sud jusqu'au Guatemala. Nous passons une bonne partie de la soirée à partager nos anecdotes et échanger des adresses de mécaniciens Volkswagen entre l'Amérique du Sud et l'Amérique du Nord. Nous parvenons même à échanger les Pesos Mexicains que nous avons omis de changer avant de quitté le Mexique contre des Pesos Chiliens que le couple avait égaré au font d'une poche.

Le lendemain, nous entrons donc dans l'immense site archéologique de Tikal. Nous longeons les allées, entourés de jungle et de bruits d'animaux. Nous apprenons vite à reconnaitre les cris des singes hurleurs qui peuvent être assez impressionnant lorsqu'on ignore de quoi il s'agit. Contrairement à Chichen Itza, il est ici autorisé de monter sur les temples et pyramides, ce qui donne un peu d'adrénaline à la visite. Des marches qui ont plus l'inclinaison d'une échelle sont installées sur plusieurs monuments. Le plus impressionnant est le temple III. Une fois en haut, même pour moi qui n'ai habituellement pas le vertige, ça me fait des guilis sous les pieds. La marche qui fait le tour de la pyramide fait tout au plus un mètre de large, d'un côté, le mur, de l'autre, quelques dizaines de mètres de vide. La vue est imprenable, il y a de la jungle à perte de vue, les pointes de certaines pyramides surplombent la jungle.

Après avoir traversé les bonnes routes sur le plateau du Belize, nous avons oublié qu'il ne faut pas sous-estimer les distances. En effet, il ne faut pas compter en kilomètre, mais en temps. Nous traversons des collines qui deviennent des montagnes, les nuages de transforment en pluie, les maisons en briques deviennent des cabanes en bois. Nous découvrons la vie des Mayas qui n'était pas aussi visible au Mexique. Chacun a son rôle, chercher le bois, transporter des sacs sur la tête, couper les mauvaises herbes, balayer l'eau de pluie qui transforme la terre en boue, etc. Nous apprenons vite qu'en temps que végétariens, il va falloir ne pas être trop exigent sur la diversité des repas. En effet, à part du riz, des haricots et des œufs, il n'y a pas grand-chose. A la tombée de la nuit, nous sommes encore bien loin de notre destination et décidons donc de passer la nuit dans le camping inondé d'un petit village. Le lendemain, après avoir eu des petits soucis avec la pédale de l'accélérateur et parcouru les derniers dix kilomètres de descente sur un chemin de terre dans la montagne, nous arrivons finalement à Lankin et campons sur le parking d'un guest house de prédilection pour les voyageurs en sac à dos. Carlos, un des chauffeurs pour les tours touristiques nous aident à trouver une alternative pour notre accélérateur en attendant de trouver un mécanicien. Une fois le plan B solutionné, voilà que la pastille de notre switch de contact rend l'âme. Le seul moyen de démarrer le véhicule est de jouer à McGiver en mettant les câbles ensemble. Je me demande bien pourquoi avoir une clé de contact alors qu'il est si facile de bidouiller les câbles… Afin de ne pas complètement perdre notre fin de journée à faire de la mécanique nous décidons d'aller explorer la grotte de Lankin. Une fois les lumières éteintes, des milliers de chauve-souris sortent de la grotte.

Après une bonne nuit de repos, nous trouvons un chauffeur 4x4 pour parcourir les 10 kilomètres de chemin sinueux aux inclinaisons vertigineuses qui séparent Lankin de Semuc Champey. Nous découvrons cette rivière aux deux facettes. Le torrent s'engouffre dans une grotte et ressort quelques centaines de mètres plus bas. En dessus de cette grotte de calcaire se trouve une autre merveille. Des magnifiques piscines naturelles à l'eau turquoise alimentées par d'autres petites cascades se jettent les unes dans les autres. La baignade est un régale !

Pour le chemin du retour, nous interrogeons un chauffeur stationné au parking afin de savoir si nous pouvons faire la route avec lui. Il confirme et nous communique le prix, puis un anglophone nous dit que c'est lui qui a organisé le 4x4 et qu'il a payé une somme global pour le véhicule donc c'est avec lui qu'il faut voir. Le chauffeur, étonné du comportement de l'homme nous demande de lui traduire la situation. Il nous explique ensuite que le prix payé par l'homme n'est rien d'autre que le prix par personne aller/retour multiplier par les 7 personnes du group et qu'il n'y a aucune raison de revenir à moitié vide. L'arrogance de l'anglophone n'ayant pas plus au chauffeur, ce dernier nous propose de nous ramener et laisser le group surplace. Après s'être excusé auprès du chauffeur, tout le monde rentrera à Lankin avant la tombée de la nuit.

Le lendemain, Carlos nous trouve un switch de remplacement et nous reprenons la route pour Antigua. En traversant Guatemala City, nous tombons sur un mécanicien spécialisé en véhicule VW qui nous répare la pédale d'accélérateur. Malheureusement le magasin de pièces détachées est fermé le samedi. Il nous propose de revenir lundi pour faire le reste du travail. En attendant, nous passons le reste du week-end dans la petite ville coloniale d'Antigua. Les ruelles sont en pavés, les maisons sont colorées et les trois volcans (dont un actif) qui entourent la ville transforment chaque vue en carte postale. Chaque façade cache de majestueuses cours intérieures décorées de fontaines et de végétation.

Le lundi, nous quittons Antigua afin de rejoindre Guatemala City. Notre clé de contact a repris sa fonction, la pédale de l'accélérateur est fixée (ou presque..), notre porte coulissante s'ouvre sans y mettre de force, le liquide de frein est changé, le frein à main est réglé, les freins n'ont jamais aussi bien fonctionnés. C'est parti pour le lac d'Atitlan !

Nous effleurons les 2600 mètres d'altitude, puis plongeons dans les virages menant à Panajachel, sur les rives du lac. Le changement du liquide de frein d'aura pas suffit. Dans le dernier virage avant le village, nous reperdons les freins pendant quelques instants. Rien à voir avec la première fois au Mexique, nous roulons tellement lentement qu'un petit coup de frein à main parvient à nous arrêter en quelques mètres.

Le paysage est à couper le souffle. L'eau du lac est tellement lisse que les volcans l'entourant ainsi que le ciel bleu s'y reflètent. Le lac fût un énorme volcan qui est entré en éruption il y a près de 85'000 ans. Nous décidons d'expérimenter une plongée dans le lac afin d'explorer les formations de lave. L'eau étant tout juste à 20 °C, malgré la combinaison de 7mm, je suis bien contente de sortir de l'eau après 35 petites minutes. Nous prenons un petit bateau afin de rejoindre les rives de San Pedro où nous rencontrons Jimmy et Ji, un couple voyageant à travers le continent du Canada à l'Argentine avec leur véhicule. Nous nous étions mis en contact avec eux quelques semaines plus tôt afin de peut être partager un container 40' pour le passage du Panama à la Colombie.

Depuis là, nous rejoignons le niveau de la mer et passons la douane du El Salvador à Ciudad Pedro de Alvarado. Lors de l'annulation du permis de transit, le véhicule doit attendre 3 mois avant de pouvoir revenir dans le pays. Si nous avons un problème au Salvador pour passer sur le Honduras, nous n'aurons donc pas l'option de revenir sur le Guatemala. Si nous ne l'annulons pas, en cas de retour nous devons payer des taxes. Nous décidons d'annuler le permis. Du côté du El Salvador, des pancartes informent que les services douaniers sont gratuits et qu'il faut dénoncer la corruption. C'est le premier passage d'un poste frontière où tout est gratuit. Mis à part l'attente entre les camions pour passer entre les deux administrations, le passage se fait sans soucis. Deux heures et demies plus tard, nous sommes officiellement au El Salvador. Nous rejoignons la plage El Tunco juste après la tombée de la nuit. Cette plage de surfer est située sur la côte de l'océan pacifique. Les non-adeptes de se sport n'ont pas tellement de raison à s'attarder dans ce petit village.

Au petit déjeuner, nous faisons la rencontre de Marie et Richard, un couple de Québécois en voyage pour 6 semaines en Amérique centrale. Afin de leur éviter un changement de bus à San Salvador et allant dans la même direction que nous, nous les invitons à embarquer pour un voyage à quatre dans notre VW bus. Nous passons la nuit suivante sur la plage El Cuco. Nos amis logent dans un jolie petit hôtel avec une vue surplombant la mer. La propriétaire des lieux nous laisse stationner dans la cour de son hôtel et passer la nuit dans notre véhicule sans frais. Nous profitons de la fin d'après-midi au bord de la piscine et contemplons le couché du soleil.

Le lendemain, nous avons non seulement de la route à faire, mais deux frontières à franchir avant la tombée de la nuit. Nous passons la frontière de El Amatillo pour l'entrée au Honduras. Il faut tout d'abord annuler le permis de transit du véhicule ainsi qu'officialiser notre sortie. A l'entrée au Guatemala, nous avions été informés que selon l'accord CA-4 la taxe d'entrée ainsi que le tampon d'entrée permettent le libre passage entre le Guatemala, le El Salvador, le Honduras ainsi que le Nicaragua. Ici, ils ne veulent rien savoir, il faut repayer. Pour l'entrée au Honduras, ils nous demandent 35 USD pour le permis de transit du véhicule ainsi que 3 USD par personne. La douanière du Honduras nous informe que certains policiers arrêtent les véhicules touristiques privés et essaient de pénaliser le fait que nous n'ayons pas d'autocollants réflecteurs alors que ceux-ci ne sont en fait obligatoires que pour les véhicules de transport. Au cas où cela nous arriverait, elle nous conseille de gentiment demander à voir l'article de loi. A la sortie, il faut encore faire une fumigation à 3 USD. Beaucoup de gens semblent avoir eu un de la peine à passer cette frontière, ça n'a pas été le cas pour nous. En une heure de temps nous étions sur les routes du Honduras.

Nous arrivons finalement à la frontière de Guasaule pour l'entrée au Nicaragua. Nous annulons encore une fois notre permis de transit et faisons la sortie du Honduras. Pour l'entrée au Nicaragua, il faut payer 12 USD par personne et prendre une assurance responsabilité civile (12 USD pour 30 jours) pour notre véhicule. Encore une fois, les formalités sont faites en une petite heure.

Dans l'ensemble, les routes principales que nous avons parcourues en Amérique Centrale jusqu'ici étaient en relativement bon état. Il faut parfois éviter des troupeaux de vaches ou des chevaux sur la route. Les camions transportent toutes sortes de choses, dont des êtres humains en vrac (voir image ci-dessous)… Nous avons souvent l'impression qu'on essaie de nous soutirer de l'argent par le simple fait que nous sommes des touristes. Certains, affichent un prix pour les touristes entre 5 et 10 fois plus cher que ce que les locaux paient pour le même service. Il y a peu, voir pas de panneau de direction. Lorsque nous demandons notre chemin en espagnol, souvent les gens nous ignorent. Nous mettrons ça sur le compte de.. la timidité ???...

Nous passons trois contrôles de police dans la même journée entre le Honduras et le Nicaragua. Tous veulent voir nos papiers et notre certificat d'assurance. L'un d'entre eux nous demande gentiment si nous pouvons lui acheter un litre d'essence à la station non-loin de là. Un autre argumente sur le fait qu'Aless ne porte pas de t-shirt en conduisant. Le dernier nous demande de sortir notre triangle de panne ainsi que notre extincteur pensant que nous ne les avons pas. Et toc ! Avec beaucoup de patience, nous réussissons à nous sortir de tout ça sans sortir un centime.


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