Nord de l'Inde

Départ pour l'Inde le 07 mai 2008, tout le monde me dit que je vais être choquée par les mendiants ainsi que la pauvreté. A mon arrivée à l'aéroport de Bombay je m'attends au pire. Une masse d'Indiens s'agglutinent devant les portes, et là au milieu, un blanc avec une petite pancarte de bienvenue. Le « Blanc » c'est Aless, l'homme avec qui je n'ai jamais passé de temps avant ce voyage et avec qui je vais être pendant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pendant des mois… Départ en Taxi (jeep tout confort) pour 4 heures de route, destination Puna pour la découverte du « Osho Meditation Center ». Petite pause pipi dans une petit « aire d'autoroute », 1,2,3 je prends ma respiration, je fonce. Même les Indiennes sont dégoutées par la saleté ainsi que l'odeur, l'une d'entre elle fait ses besoins la porte ouverte, à côté du trou (toilettes Turques) tellement c'est crade… Bienvenue en Inde !!!

J'ai beaucoup de chance, Aless est là depuis plus de deux mois et a déjà arrangé une chambre de bonne taille, assez bon confort et assez propre. Quelle belle arrivée en douceur ! Nous restons quelques jours à Puna afin de tester les différentes méditations que propose l'ashram d'Osho.

Il est déjà assez tard dans la saison, la mousson n'est plus très loin, il est donc temps de monter au nord pour l'éviter. Mais avant ça, nous décidons d'aller à Goa pour une semaine afin de se relaxer et voir la mer avant le grand périple des transports… Nous prenons le bus-couchette qui part le soir de Puna pour arriver vers les 6h du matin à Mapusa. Mis à part les pauses pipi qui n'arrivaient jamais, le Kundalini constant (vibration constante) et les bruits de klaxons, le voyage s'est bien passé. Petit chaï à la station en attendant le bus local en direction d'Arambol. Après des stops à tout bout de champs, arrivée 1 heure plus tard à l'intersection d'Arambol. Il faudra encore marcher pendant environ 45 minutes à travers les zigzags dans le village qui amènent à la plage. Ce fût un moment très difficile pour moi, la seule chose à laquelle je pensais était : Quand est-ce que je vais enfin pourvoir manger, je vais tomber dans les pommes !! Mais je continue à m'accrocher et je suis Aless qui fait des arrêts à toutes les guest houses pour inspection des chambres et négociation des prix. Après encore une heure, nous voici logés dans une jolie chambre avec terrasse qui surplombe la plage. Et surtout elle est située juste à côté du restaurant « Eyes Of Buddha », ce qui veut dire que je vais pouvoir aller manger une superbe salade de fruits (c'est leur spécialité) ainsi que des pancakes. Voilà qui va mieux, la journée peut enfin commencer…

Nous avons passé une semaine à nous relaxer sur la terrasse, nous promener sur la plage, MANGER, nous baigner dans la mer et terminer notre journée par le couché de soleil en se baignant dans le lac bouillant d'Arambol jusqu'au lever de la pleine lune en contemplant les petites lucioles qui se promènent. Nous avons aussi eu droit à nos premières petites prises de tête, mais nous avons vite compris que ce n'est définitivement pas le bon moyen de communiquer…

Le retour sur Puna avec le bus-couchette n'était pas aussi fun que l'aller. En attendant le bus, j'avais l'impression d'avoir une particule dans l'œil et malheureusement je n'étais plus capable d'écouter Aless. J'ai d'abord essayé de me passer de l'eau dans l'œil, puis avec un mouchoir, mais voilà ce fût une nuit d'enfer et le réveil fût très douloureux. Je ne pouvais même plus ouvrir l'œil tellement il était gonflé. Arrivés chez Shola (une amie qui nous a prêté son appartement), je me suis regardée dans le miroir. Quand j'ai dit à Aless que le blanc de l'œil était décollé, il m'a gentiment proposé d'aller à l'hôpital avant que je continue le carnage. Le docteur m'a confirmé que j'avais « un peu trop » charcuté mon œil, il m'a donné des gouttes et après deux jours c'était oublié. Quelle histoire !

La suite des aventures a continué à la gare de Puna, lorsque nous avons décidé d'acheter des billets de train pour Varanasi sans passer par une agence. Ca nous a pris une demi-journée, on s'est fait baladé de guichets et guichets, mais mission accomplie.

Les 30 heures de train (en 3 AC) pour atteindre Varanasi se sont super bien passées, climatisation, couchettes réservées côté fenêtres. La bouffe défilait (Pani, Fruti, Biskits) , les enfants nous prenaient pour des extraterrestres et les mendiants passaient durant les stops dans les différentes gares. Vu que nous sommes arrivés tard le soir à Varanasi, nous avions réservé une chambre dans un guest house près du Gange et ils avaient confirmé qu'ils nous enverraient quelqu'un pour nous chercher à la gare.

Donc nous voilà arrivés à la gare de Varanasi, comme prévu un chauffeur de Rickshaw nous attend avec un petit papier marqué de nos noms. Nous nous faisons transporter à travers les petites ruelles sombres de la ville pour finalement arriver à notre guest house. Quelque chose nous semble étrange, et oui, le guest house n'est pas celui que nous avions réservé… Mais voilà il est tard et nous ne voulons pas nous lancer dans la recherche d'une autre chambre, nous passons la nuit dans une petite chambre sans fenêtre, avec 3 lits et un ventilateur super bruyant Le matin se lève, nous faisons nos bagages et partons à la recherche d'une nouvelle chambre. Mission accomplie, une petite chambre avec vue sur le Gange, salle de bain etc. Pendant les quelques jours que nous passons à Varanasi, nous « expérimentons » le burning gatt qui est vraiment très dur à supporter au premier abord, puis qui me rend curieuse. Nous marchons dans les petites ruelles à travers des montagnes de déchets, des vaches partout (qui mangent les déchets), nous nous arrêtons chez les marchands de tissus pour nous faire offrir un Chaï et papoter un peu, nous regardons la Puja qui se déroule tous les soirs pour remercier le Gange. Et toute la vie qui se passe au bord et dans le Gange. Un vielle homme qui fait du chaï sur des marches, les Saris qui sèchent au bord de l'eau, un musicien qui joue de la musique, une petite fille qui dance et fait la fofolle… C'est une ville ou l'énergie est très forte.

Prochain train direction Haridwar, ou nous arrivons aux aurores, nous ne trouvons pas vraiment de guest house, donc nous en profitons pour nous mélanger à la foule qui se baigne dans l'eau gelée pour la puja du matin avec le levé du soleil qui se lève derrière Shiva (superbe statue). Nous nous lançons pour trouver un taxi collectif sachant que le prix pour les locaux est de 30 Rupies par personne. Un taxi bondé d'Européens et de sacs s'arrête pour nous proposer ses services. Nous refusons car son véhicule est déjà plein et que le prix est plus que ce que nous voulons payer, nous faisons encore quelques pas. Mais le chauffeur insiste sur le fait qu'il y a encore assez de place, nous casons nos sacs au sol à côté du conducteur et nous nous asseyons d'une fesse chacun pour pouvoir partager le siège conducteur à 3 et il accepte les 30 Rupies par personne, mais shuuuut, n'en parlez surtout pas aux autres passagers derrière... J'ai la chance de pouvoir prendre les commandes de son mega-rickshaw pendant quelques mètre (nous en profitons pour faire une petite photo collective). Nous arrivons à l'entrée de Rishikesh où il s'arrête pour laisser descendre les autres passagers, mais c'est encore à quelques km de la destination, donc il leur propose de payer un petit supplément pour aller à Lakmanjula. Voilà comment se faire avoir avec le sourire… quoi qu'ils n'avaient pas tellement le sourire…

Nous trouvons un petit guest house avec superbe vue sur le Gange et la vallée, nous nous baladons entre le temple et les cascades à quelques kilomètres. Nous essayons de nous acclimater aux klaxons des jeeps qui nous rendent fou ! Nous faisons amis avec les singes et les vaches. Mais surtout, lors de la visite du temple de Shiva, je reste « hypnotisée » yeux dans les yeux avec une Indienne. Elle a des yeux bleu-verts, nous ne savons même pas quoi dire, elle semble avoir le même sentiment que moi… Et voilà nous partons et après quelques minutes je regrette déjà de ne pas avoir pris plus de temps, mais nous voilà déjà en route pour les cascades. Lors de notre retour au village, nous la recroisons : Cette fois j'ai été obligée de faire une photo avec elle, elle avait une énergie tellement … je ne trouve pas le bon mot !!

Tout allait bien jusqu'à ce que je craque pour une salade… La semaine qui a suivi fût difficile, d'autant plus que nous avons continué à bouger…

Départ pour un voyage mouvementé jusqu'à Dharamsala, dans les hauteurs des Himalayas. Le village ou se trouve le temple du Dalaï Lama ainsi que toute une communauté de Tibétains en exils. Il fait déjà plus frais, nous nous promenons entre Bagsu et McLeod Gang, descendons visiter le temple durant les heures de prière.

Vu que la mousson nous rattrape, nous décidons qu'il est temps pour nous de retrouver la mer qui nous appelle. Nous avons trouvé un vol pas cher depuis Calcutta. Donc nous voilà en route direction Delhi en bus pour prendre le train à Delhi.

Mais quelle chance, Nirupam, un ami d'Aless nous invite à passer un peu de temps avec lui dans la maison familiale à quelques kilomètres de Delhi. Il nous emmène visiter les rizières que possède sa famille, nous nous ramassons une méga averse, mon beau pantalon bleu (made in India) me décolore complètement sur les jambes, mais nous arrivons enfin à l'abrie. Nous nous installons près des travailleuses en Saris colorés et admirons la mère de famille nous préparer un bon Chaï aux feux de bois. Le temps s'est finalement calmé et je les accompagne dans les rizières afin d'expérimenter la plantation des pousses pendant une heure. Elles ont bien rigolé de moi, et moi aussi d'ailleurs… Le soir, la belle sœur de Nirupam m'a « appris » à faire les Chappati ainsi que le Dal. Super expérience !

La dernière étape, CALCUTA. Définitivement pas la meilleure. Il pleuvait des cordes, notre chauffeur de taxi ne trouvait pas l'adresse que nous lui avions donnée, tous les guest houses étaient vraiment très sales. Je ne pouvais vraiment pas ! Nous nous sommes fait un petit luxe, dernière nuit en Inde dans un hôtel, nous avons cassé la tirelire, 30 USD pour les deux… Mais pour manger c'était encore une autre histoire, il y avait de la viande de partout. Bref, la nuit a été courte, réveil à 4h du matin pour aller à l'aéroport...


Histoire suivante - Thailande