Malawi

Nous avons quitté le Malawi il y a une semaine et cherchons déjà des excuses pour y retourner. Mais commençons par le début. Après avoir quitté la Tanzanie dans des circonstances plutôt désagréables (lire texte Tanzanie), les choses ne pouvaient que s'améliorer au Malawi.

Notre arrivée au bord du lac a été comme une bouffée d'air frais. Les locaux sont chaleureux et l'environnement propice à la détente. Avec son lac longeant le pays sur 550 kilomètres, les plages ne manquent pas. En route vers le sud, nous nous sommes arrêtés à plusieurs endroits magnifiques. Longues plages sauvages, petites criques encerclées de rochers, baies calmes entourées de forêt. Il y en a pour tous les goûts et lorsque tu penses avoir trouvé le coin parfait, le suivant est encore mieux. Plus longtemps nous restions, plus fainéants nous devenions, le moins en faisions et le plus difficile il fût de reprendre la route.

A Monkey Bay, nous avons fait une randonnée sur un sentier surplombant le lac et les îles afin de rejoindre des villages de pêcheurs isolés. Le premier est caché dans une petite baie ou les cahuttes en terre se confondent parfaitement avec les énormes rochers qui semblent être tombés du ciel. Sur la petite plage, les poissons sèchent sur plusieurs longs étalages en bambou. Au deuxième village, nous avons été chaleureusement accueillis par une dizaine d'enfants heureux d'avoir de la visite. En traversant le village, de plus en plus d'enfants se sont joints au cortège en nous prenant par la main à tour de rôle. Avoir une vingtaine d'enfants chantant spontanément nos noms est un moment que je ne suis pas prête d'oublier.

Mais le pays à bien plus à offrir que son lac. La grande vallée du Rift traversant le pays a créé des hauts plateaux. Au nord du pays, nous avons rejoint Livingstonia sur une piste mouvementée. Au bord de la falaise, la magnifique cascade de Manchewe entourée de foret "vierge" se déverse dans la vallée 125 mètres plus bas. Cachés dans une grotte derrière le rideau d'eau, les locaux échappèrent à l'esclavage au début du 20ème siècle. A la fin de notre petite marche, notre guide, un adolescent, nous a demandé un t-shirt. Dans tous les pays que nous avons traversés jusqu'à maintenant en Afrique, les vêtements des enfants sont en ruine. Portés durant plusieurs générations, les boutons ont disparus, les fermetures éclaires sont foutues, les coutures délicates ont craquées et le tissu à rendu l'âme. Fille ou garçon, peu importe, ils vont devoir porter le pullover rose de sa sœur alors qu'un t-shirt plus léger serait plus approprié. Sur les marchés, la plupart des piles de vêtements en vente sont les habits deuxième main importés d'Europe. Un t-shirt fabriqué en Chine pour un événement en Suisse, porté une fois, puis vendu à la tonne par la Croix Rouge avant d'être envoyé en Afrique. Pour revenir à mon histoire, cet adolescent était tout content de recevoir un t-shirt tout neuf et même un vieux short troué de Raphael.

Au sud du pays, après avoir quitté le lac, nous avons continué jusqu'au plateau de Zomba. En seulement quelques virages, le changement de température est drastique. Une petite randonnée nous a conduit à une jolie petite cascade, des lacs et quelques superbes points de vue donnant sur la plaine et le lac Malawi. En comparaison du reste du pays, la fraicheur des nuits ainsi que le camping dans une forêt de pins nous a donné l'impression d'avoir été téléportés sur un autre continent. Malheureusement, à part dans le camping, la forêt originale a été rasée pour laisser place à l'exploitation forestière. En descendant le plateau, nous avons partagé la route avec les femmes portant de longs fagots de bois sur la tête et les hommes essayant de garder le contrôle de leur vélo chargé d'environ 120 kgs de bûches sur une pente raide.

Alors que le choix des fruits et légumes était extrêmement limité tout au long du lac depuis le nord jusqu'au sud, j'ai été stupéfaite de découvrir des étalages de carottes, haricots, courgettes, brocolis, mandarines, goyaves, papayes et fruits de la passion sur le marché de Zomba, aux pieds du plateau. Sur le plateau, nous avons été touchés par les locaux désespérés de vendre leur petite récolte. Ce jour là, nous nous sommes arrêtés à chaque virage pour acheter des légumes chez tous les petits marchands et avons fini avec le van chargé à bloc. Pour changer des petites superettes où nous trouvions tout juste l'essentiel, nous avons été agréablement surpris de retrouver des petits supermarchés avec des produits importés d'Afrique du Sud. De plus, Raphael cru arriver au paradis en découvrant trois différents fast-foods à la première intersection en arrivant au Malawi... Mais nous n'avons toujours pas compris comment ils sont arrivés dans ce petit village non touristique car à part dans les grandes villes, c'était vraiment une exception.

Reculer à l'aveugle ne peut pas fonctionner pour toujours. Après 6 mois de voyage et presque 30'000 kilomètres, ce qui devait arriver arriva. Nous nous sommes pris un arbre. Heureusement la vitre sécurisée supposée partir en miettes a été retenue par le film de la vitre teintée. En appliquant quelques rouleaux de scotch, le reste de la vitre a été maintenu en place. Nous avons continué notre chemin comme prévu et avons seulement entrepris la réparation deux semaines plus tard à Lilongwe. Sachant que la vitre originale ne serait pas disponible pour un véhicule aussi peu commun, nous avons eu de la chance. Un spécialiste nous a rassuré "pas de problème, nous ferons la réparation demain". Le lendemain, le morceau de plexiglas ainsi que le "spécialiste" nous attendaient. Malgré avoir été informés que le devis de la veille était une erreur et que le prix final serait presque le double, nous sommes restés optimistes... Mais pas pour long ! Les premiers doutes ont émergés lorsque le "spécialiste" a marqué la coupe sans prendre en considération la superposition avec le joint. Les choses se sont empirées lorsqu'il a surchauffé le plexi jusqu'à ce qu'il devienne aussi « vaguelé » qu'un océan. Notre dernier espoir a disparu lorsque nous l'avons vu coller le morceau de plastique fumé en essayant de le faire tenir en place avec des tonnes de scotch. Le "spécialiste" nous a réassurés d'un "no problem", ajoutant plus de silicone et plus de scotch... Jusqu'à maintenant, deux semaines plus tard, nous n'avons pas enlevé le scotch, pas sûr de son importance à tenir la fenêtre en place. Bienvenu en Afrique !

A part le résultat insatisfaisant de cet atelier à Lilongwe, le Malawi a été le pays le plus relaxant que nous ayons visité jusqu'à maintenant. Avoir passé la majorité de notre temps à nous reposer plutôt qu'à visiter nous a vraiment donné la sensation d'être en vacances.



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