Mexique & Belize

Notre passage du fameux pont qui sépare les Etats-Unis du Mexique se déroule sans encombre. Nous sommes juste un peu surpris par les 25 dollars par personne à payer pour l'acquisition du permis de séjour. Cette somme n'est pas demandée lors d'une arrivée par avion, mais nous apprenons qu'elle est simplement incluse dans le prix du billet d'avion. Il nous faut un temps d'adaptation pour retrouver nos marques sur le territoire Mexicain. Nous nous étions bien adaptés à la culture américaine, qui n'est finalement pas tellement différente de la notre en Europe.

Après une nuit passée au bord d'une rivière, nous arrivons dans la région de la Huasteca, région que nous avons déjà visitée quatre mois auparavant. Malheureusement, due à la saison des pluies, le niveau d'eau des rivières est trop élevé et les cascades sont fermées au public. Le retour à la lagune de la Media Luna nous rappelle de bons souvenirs. L'eau est toujours aussi chaude et limpide. Les trous surplombant la grotte laissent entrer les rayons de soleil qui se reflètent à travers l'eau par un magnifique faisceau lumineux.

De retour à San Luis Potosi, nous sommes invités à passer quelques jours chez Manuel et Rita, le couple à qui nous avons acheté notre VW combi quelques mois auparavant. Après 28'000 kilomètres parcourus depuis le début de ce voyage, il est temps de refaire une petite beauté à notre véhicule. Merci à José qui a fait une petite place dans son agenda afin de consacrer une journée pour descendre le moteur, changer l'embrayage et faire une révision générale du moteur. Nous acceptons de nous joindre au week-end en famille au ranch de Rita et Manuel. Au programme : finition d'une nouvelle bâtisse qui servira de logement pour des camps d'été, dédiés aux enfants de la ville désireux de découvrir les animaux de la ferme. La nouvelle cuisine est même équipée d'un four au feu à bois que nous inaugurons avec des pizzas maison, mais il y a encore du progrès à faire sur la technique de chauffe… Encore merci à Rita et Manuel pour nous avoir donné l'opportunité de nous reposer une semaine chez eux.

Nous reprenons la route pour Guadalajara afin de rendre visite à mon ami Colin et sa femme Nicole. Vous avez l'impression de déjà avoir lu ça ? C'est normal, nous les avons déjà visités au début de notre voyage, quatre mois plus tôt. Alejandra et Guillaume, des amis d'Aless viennent de s'installer dans cette grande ville. C'est l'opportunité de les revoir pour Aless et de faire leur connaissance pour moi. Nous n'avons plus aucun scrupule de nous inviter chez nos amis ou chez des gens que nous ne connaissons même pas, la seule « règle » est que nous faisons la cuisine. Nous avons expérimenté un nouveau concept : nous nous invitons chez des amis et nous invitons d'autres amis chez eux… Il faut dire que Colin et Nicole sont très ouverts et ils nous ont vraiment ouvert les portes de leur maison. Il a fallut plusieurs visites du Mexique ainsi qu'un peu d'insistance de la part d'Alejandra pour nous donner l'impulsion d'aller voir un spectacle folklorique au fameux théâtre Degollado, regroupant les chants et danses de plusieurs régions du Mexique.

Béatrice, ma maman, va arriver à l'aéroport de Cancun dans une semaine, ce qui veut dire que nous n'avons plus de temps à consacrer aux visites. Il faut suivre la route la plus directe afin d'atteindre l'aéroport le jour « J ». Après un peu de recherche, Aless a retrouvé une amie dont il a perdu contact depuis près de 10 ans. Il se trouve qu'elle habite à Morelia, une ville située sur notre chemin à environ 300 kilomètres de Guadalaraja. Nous en profitons donc pour lui rendre visite afin de raviver de vieux souvenirs et passons la nuit chez elle.

Le jour suivant, nous reprenons la route à travers les montagnes. Nous parcourons environ 30 kilomètres à travers des lacets et des bancs de brouillard avant d'arriver les premiers sur un accident de la route. Quatre personnes sont grièvement blessées. Aless part avec le van afin d'essayer de trouver du secours. Il n'y a pas de réseau mobile et l'hôpital le plus proche est à 30 kilomètres d'un côté ou à 50 kilomètres de l'autre côté… Il s'agit d'une route de montagne avec très peu de passage, mais finalement un autocar passe par ici et parvient à joindre les secours. Parmi les blessés, une fille de 13 ans a une blessure très profonde sur le front et il est difficile de la tenir consciente. Sa mère s'efforce de surmonter ses douleurs afin de pouvoir soutenir ses deux enfants. Le frère de l'adolescente est coincé dans la voiture avec les deux genoux cassés et le visage en sang. Le conducteur au visage très amoché reste calmement assis en attendant les secours. Après une heure dans le froid, au bord de la route, à faire des pansements et à tenir la jeune fille consciente, la première ambulance arrive enfin. Il faudra encore assister les ambulanciers pendant une bonne demi-heure avant qu'ils puissent prendre la route pour l'hôpital.

Nous continuons notre chemin en silence, les images du drame passant en boucle dans nos têtes. Malgré les deux heures de retard sur notre « planning », nous devons impérativement atteindre la ville de Cuarnavaca car notre amie Sofia nous attend pour 18h. Les trous ainsi que les dos d'ânes sur la route nous obligent à freiner à tout moment et demandent beaucoup de concentration. Six kilomètres avant l'arrivée à destination, à l'heure du crépuscule, en pleine descente, dans un virage, nous perdons les freins de notre véhicule. Dans le calme, Aless tire sur le frein à main, un bus arrive en face sur la voie d'à côté, le van commence à déraper. Aless relâche le frein à main, le van reprend sa trajectoire. Nous nous arrêtons finalement un kilomètre plus bas sur la bas côté de la route. Aless demande aux personnes dans les habitations voisines si par hasard il y a un mécanicien dans les parages. Il se trouve que l'un d'entre eux connait exactement le phénomène que nous venons d'expérimenter. A force d'utiliser les freins pour éviter les trous et les dos d'ânes quelques kilomètres plus tôt, puis les onze kilomètres de descente, les freins ont chauffés et le liquide de freins s'est transformé en vapeur. Du coup, d'un instant à l'autre, il n'y a plus de freins. Le jeune homme nous propose de nous aider à purger le liquide de freins afin de nous permettre d'arriver à destination. Nous arrivons chez Sofia vers 21 heure, il fait nuit, il pleut et elle est morte d'inquiétude. Après cette journée qui nous a semblé sans fin, ça fait un bien fou d'être arrivé dans sa maison douillette. Les larmes me montent aux yeux. Sofia nous fait une séance de Reiki afin de nous permettre de passer une nuit paisible.

Après notre journée de mésaventures, une pause s'impose. La chose la plus importante est de trouver un garage afin de contrôler et équilibrer les freins. Dans l'après-midi, nous décidons de nous changer les idées et allons nous balader à Tepoztlan, un joli petit village dans la montagne.

Au cours des trois jours suivants, nous avons beaucoup conduit et nous avons pris un maximum l'autoroute (payante), chose que nous essayons habituellement d'éviter.

Après près de cinq mois à longer l'océan Pacifique, puis l'océan Atlantique sans vraiment pouvoir nous y baigner, notre arrivée à Tulum, dans les caraïbes, est comme un début de vacances. C'est un plaisir pour moi de pouvoir faire découvrir ce petit coin de paradis à ma mère, qui s'est jointe à nous pour trois semaines. Cinzia et Stéphane, des amis rencontrés ici, il y a quelques années, nous ont généreusement mis une chambre dans leur maison à disposition. En résumé, nos journées commencent par un petit plongeon dans leur piscine, nous déjeunons une bonne papaye arrosé de jus de citron, puis nous allons à la plage nous baigner dans l'eau chaude et turquoise. Nous nous amusons avec des chiens sur la plage, puis retournons au village manger quelque chose. Nous nous baignons encore dans la piscine et si nous sommes motivés, nous allons nous baigner dans un cenote ou une lagune. Pour les extras, nous avons fait de la plongée sur l'île de Cozumel, du shopping à Playa del Carmen, visité le fameux site archéologique de Chichen Itza sous une pluie battante, le site archéologique de Tulum avec des températures et un soleil à donner des coup de chaleurs, puis le site archéologique de Coba guidé par la magique brume du matin.

Nous avons un coup de cœur pour un petit chiot abandonné, se cachant sous notre véhicule. Ayant une drôle de croûte sur le museau, une petite visite chez le vétérinaire s'impose. Malheureusement, il est déjà 19h, veille de fête nationale et le vétérinaire est fermé pour 2 jours. Afin de ne pas prendre le risque de contaminer Charolle, la chienne de nos hôtes, nous ne pouvons pas héberger le petit chiot. Mais que faire ? Après avoir passé un appel à nos amies Maria-Luisa et Martha, nous apprenons que le propriétaire du petit magasin ou elles s'appétaient à acheter un vélo, accepte volontiers d'adopter notre nouveau compagnon qu'il nommera Chepi (Septembre en langue Maya). Nous lui proposons d'amener la fripouille chez le vétérinaire dès la réouverture du cabinet et de prendre en charge les soins nécessaires. Le jour venu, le petit chiot a droit à une séance de toilettage et quelques médicaments contre les parasites. Il n'a rien de grave, sa croûte est simplement le reste de coagulations déjà cicatrisées et il est un peu affaibli par le manque de nourriture. Nous lui rendons visite tous les jours et le voyons évoluer avec les enfants de sa nouvelle famille d'accueil. Il a même droit à une petite sortie sur la plage de Tulum avec un cour de natation. Afin de le récompenser pour ses durs efforts, nous lui faisons un dernier vaccin et achetons un petit collier afin d'y accrocher sa première médaille :-) (lire la suite de l'histoire, 3 mois plus tard)

Quelques jours avant le départ de Béatrice, Quimex, la société pour laquelle nous avons travaillé auparavant, m'a fait une proposition de travail pour une période de trois mois à Genève. Après un jour de réflexion, l'offre est acceptée. Une semaine plus tard, nous laissons notre van en sécurité chez une amie à Cancun et prenons l'avion destination : La Suisse…



Mexique, de retour 3 mois plus tard

GENEVE, 27 décembre 2010, 10h27, -2°C, les grands aéroports européens sont paralysés par la neige qui est tombée en abondance ces dernières semaines… Notre vol n'est pas annulé…

CANCUN, 27 décembre 2010, 19h07, 25°C, notre VW bus vient nous chercher à l'aéroport.

CANCUN, 30 décembre 2010, 20h30, arrivée de Dani, Magali, Nina et Ugo, nos amis Genevois venus passer une semaine de vacances au pays de la Corona, Tequila et Margarita. 22h30, arrivée à destination. TULUM. Que les vacances commencent !!

Nous séjournons toute la semaine dans la maison qu'ils ont loué au pueblo. La soirée du 31 décembre se déroule dans un petit restaurant sur la plage qui propose un concert de flamenco jazz.

Nous profitons de cette semaine avec nos amis pour faire les guides touristiques : journées de relaxation sur la magnifique plage de Tulum, visite du site archéologique de Tulum, baignade à Gran Cenote, baignade à la lagune de Nopalitos, journée shopping à Playa del Carmen, apéros Corona, Tequila, découverte de nouveaux restaurants, etc.

Après leur départ, nous restons encore 2 semaines à Tulum afin de nous remettre des durs mois de travail à Genève :-)et préparons notre véhicule afin de pouvoir reprendre la route.

Vous souvenez-vous de l'histoire de Chepi, le chiot que nous avions trouvé sous notre véhicule trois mois auparavant ? (si non, cliquez ici pour le début de l'histoire). Le vétérinaire nous avait dit que malgré son jeune âge (entre 1 et 2 mois), il n'allait pas beaucoup grandir et rester un chien de petite taille. Trois mois plus tard, il est méconnaissable ! Il n'y a plus aucune trace de sa vilaine croûte, ses poils ont repoussés, il a bien grandi et surtout il a pris du muscle. Lors de son séjour au magasin de vélo, la petite Suzi (petite chienne) lui rend régulièrement visite et se fait elle aussi adopter par la famille Maya. Tous deux ont quitté le magasin et passent des jours heureux dans un petit ranch à trois kilomètres de Tulum.

Le 19 janvier 2011, nous sommes enfin prêts à lever les voiles de Tulum afin de mettre le cap vers le sud. Nous passons notre dernière nuit au Mexique dans un petit camping sur les rives de la magnifique Lagune d'eau douce de Bacalar. Les variations de teintes de bleu sont incroyables. En oubliant le pays dans lequel nous sommes, nous pourrions nous croire aux Maldives.

Le lendemain, le passage de la frontière de Santa Elena pour le Belize est assez simple. La douanière côté Mexicain demande 200 pesos (16 US$) par personne comme taxe de sortie, mais refusant de nous donner un reçu, nous refusons de payer et récupérons nos documents. Nous nous acquittons des 200 pesos (16 US$) pour une semaine d'assurance RC pour le véhicule (assurance obligatoire pour tous véhicules en transit). Nous faisons la fumigation du véhicule (5 US$), puis l'immigration du côté du Belize qui se résume à un simple tampon dans le passeport (30 jours). Concernant le véhicule, nous recevons un permit gratuit de 10 jours (nous aurions pu demander jusqu'à 30 jours), inscrit dans le passeport.

C'est incroyable comme le passage d'une simple frontière peu être aussi dépaysant. Nous passons de la culture Maya Hispanique à la culture Afro-Caraïbien-Maya Anglophone.

Nous laissons notre véhicule pour quelques jours de vacances à Belize City dans le parking surveillé de l'hôtel Radisson et prenons le large vers l'île de Caye Caulker ou nous resterons 5 jours. Il s'agit d'une petite île de pêcheurs (8km de long sur 1 km de large) vivant au rythme des caraïbes. Les gens de déplacent beaucoup à pied (et à pied-nus aussi), à vélo ou en kart de golf électrique dans les ruelles de sable bien tassé. Les menus des restaurants affichent des poissons et fruits de mer à profusion. Bienvenu dans le monde du reggae et des rastas !

Lorsque l'on parle du Belize à des plongeurs, la première image qui vient à l'esprit est celle du fameux Blue Hole. Il s'agit d'un trou circulaire composé de calcaire, de 300 mètres de diamètre et 120 mètres de profondeur, situé sur la deuxième plus grande barrière de corail au monde (après l'Australie). Nous expérimentons une première journée de plongées dans la réserve marine de Hol Chan où nous avons la chance de voir des raies aigle, une tortue et surtout un rare banc de Mobula (une raie de la famille des Raies Aigle, mais à l'allure d'une mini Raie Manta). Le lendemain, nous nous levons avant l'aube afin de parcourir les 2h30 de navigation qui sépare Caye Caulker à l'atoll de Lighthouse Reef où se trouve le Blue Hole. Nous nous immergeons très rapidement dans les profondeurs de ce grand trou sombre jusqu'à 40 mètres où nous slalomons entre des énormes formations de stalactites. Elles se formèrent lors de la dernière période glacière, lorsque le niveau de la mer était beaucoup plus bas. Nous admirons le contraste de ces « piliers » sur le bleu profond reflétant la lumière de la surface. C'est une plongée magique !!!


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