Nicaragua, Costa Rica & Panama

Après cette journée de folie, nous décidons de passer deux nuits à camper sur le parking d'un petit hôtel sur la plage de Poneloya, avec nos amis Québécois. La saga des policiers continue. Ils nous reprochent de ne pas avoir de ceinture de sécurité pour les passagers à l'arrière alors que des camions transportent des dizaines de personnes sur leur pont. Un autre nous dit que nous nous sommes arrêtés trop tard à son signal et que nous avons dû reculer pour nous replacer avant l'intersection alors que ce n'était pas le cas. Pffff, même pas mal !

Sur le trajet pour Granada, nous nous arrêtons pour une baignade dans le lac de cratère du volcan Apoyo. Le vue ressemble un peu à celle du lac d'Atitlan au Guatemala, mais sans les volcans l'entourant. Granada est une petite ville coloniale bordant le lac de Nicaragua. Les églises et maisons sont colorées. Des calèches attendent les touristes pour les visites guidées. Nous embarquons pour une petite ballade en bateau autour d'un groupe de petites îles appelées Las Isletas qui se sont formées suite à une éruption du volcan Mombacho bordant le lac. Elles sont principalement habitées par de riches Nicaraguayens ou servent de résidence secondaire pour certains étrangers. Le lendemain, nous nous rendons sur l'île d'Ometepe. Il s'agit d'une île formée par deux volcans (dont un actif) au centre du lac de Nicaragua. Une des ressources la plus importante de l'île est la banane. Nous profitons aussi de ce séjour pour nous relaxer dans une source d'eau thermale, qui selon les rumeurs, a le bienfait de faire perdre des années…

De retour sur la terre ferme, nous passons la frontière du Costa Rica. Le procédé est toujours le même. A l'exception de la fumigation (5 USD) et de l'assurance RC (12 USD), le transit est gratuit. Nous passons les procédures de transite et immigration habituelles accompagné d'un couple de Canadien, voyagent avec le petit frère orange de notre van.

Nous logeons sur la plage de Playa Grande, à l'entrée du parc national marin de Las Baulas. Après plusieurs heures d'attente, la tant attendue tortue Luth (Leatherback) mesurant 1,49 cm de long et 1.06 m de large, vient finalement pondre ses 57 œufs sous nos yeux. Elle a nagé depuis les îles de Galapagos jusqu'au Costa Rica. Les mâles, eux attendent tranquillement à la maison. Elles portent la semence de ceux-ci afin de féconder les œufs lors de la ponte. Elle restera durant une période d'environ 2 mois dans la région et viendra pondre tous les 9 à 11 jours. Il faudra encore attendre entre 60 et 70 jours afin de pouvoir observer les bébés tortue faire leur premier plongeon. Seulement une tortue sur mille a la chance d'atteindre sa taille adulte.

Nous continuons nos aventures avec Marie et Richard, nos amis Québecois en direction de Fortuna, un village dans les environs du volcan Arenal. Sur le chemin, nous nous arrêtons visiter un jardin de papillons montrant les différentes espèces et étapes entre l'œuf et le papillon. Pour ce qui est du volcan ainsi que du lac Arenal, les photos que j'ai pu voir montrent un beau volcan actif au cône parfait. Selon nos discussions avec des habitants, le volcan est toujours actif, mais depuis une année environ, les coulées de lave qui avait autrefois lieu chaque heures sont maintenant rares, voir inexistantes. Malheureusement nous ne pouvons pas juger puisque durant les deux jours où nous y étions, il était bien emmitouflé dans les nuages et arrosé par des pluies diluviennes. Nous expérimentons ENCORE un petit souci avec notre van, cette fois nous avons « brûlé » le démarreur. Même perdu dans les montagnes nous parvenons à trouver un mécanicien avec un tas de ferraille dans lequel nous trouvons notre bonheur.

Nous sommes loin d'en avoir terminé avec la pluie puisque nous continuons notre séjour par l'expédition au parc national de Tortuguero sur les rives de l'océan Atlantique. Nous nous dirigeons jusqu'à La Pavona où nous laissons notre véhicule pendant 3 jours. Nous prenons ensuite une petite embarcation à travers les canaux qui menant jusqu'au petit village de Tortuguero. Ce petit village vivant du tourisme n'est accessible qu'en bateau à travers des canaux bordés de foret pluvial. Il y a environ 6 mètres de pluie par ans. Ca fait partie de ces régions où il est plus normal de voir de la pluie que du soleil. Malgré tout, nous avons la chance de voir le levé du soleil pour parfaire notre visite guidée à bord d'une petite barque. Nous pouvons voir et entendre la nature se réveiller. Certains caïmans laissent juste apparaitre leur petite tête en attendant que le petit déjeuné se pointe sous leur nez. Les singes hurleurs font des vocalises. Les différentes espèces d'oiseaux communiquent. Le paresseux ainsi que les toucans sont perchés bien trop haut pour que nous puissions les reconnaitre.

De retour à Pavona, nous traversons des kilomètres de plantations de bananes du grand producteur Chiquita. Dans la fin des années 90, le Costa Rica était le deuxième exportateur mondial en la matière. Près de 2'045'000 tonnes réparti sur 1% de la superficie du Costa Rica était exportées chaque année. Nous passons la nuit suivante dans le petit village d'Orosi, entourés cette fois de plantations de café. Il s'agit de la plus ancienne production agricole du pays puisqu'il a commence à être exporté à la fin du 18ème siècle. Dans les années 1820, le gouvernement a stimulé sa production en offrant des plantes de café ainsi que l'exemption de taxes aux familles intéressées. A la fin du 20ème siècle, le pays produisait 147'000 tonnes de café par année.

Le lendemain, nous franchissons lentement mais sûrement un col à 3344 mètres d'altitude avant de rejoindre les plages de l'océan Pacifique près de Uvita. Pour ne pas faillir à notre train de vie des ses trois dernières semaines, nous faisons la route avec Marie et Richard la journée, eux dorment dans un petit hôtel le soir et nous, on profite du parking, de la douche, des toilettes et parfois de la piscine. Ce soir là, nous sommes accueillis dans la petite auberge de Dana & Jan (http://www.hotelpacificdream.com) des Suisses qui ont décidé de quitter la région de Zurich afin de s'installer au chaud. La vue est magnifique et l'eau de la piscine à parfaite température pour y passer une bonne partie de la soirée. La région est propice à l'observation des baleines à bosse ainsi que l'exploration sous-marine près d'Isla del Caño. Le récif n'est pas très profond. Les requins à pointe blanche se reposent sur le fond de sable, pendant que différents bancs de poissons jouent autour des coraux. Les murènes se dénichent afin de trouver une proie et les pieuvres se camouflent dans des fissures.

Une fois de plus, nous passons la frontière du Panama avec patience, mais sans problème particulier. L'assurance RC coute 15 USD et la fumigation 3 USD. Nous n'avons malheureusement pas beaucoup de temps pour visiter le Panama car le bateau qui va transporter notre véhicule jusqu'en Amérique du Sud quitte le port dans 3 jours. Nous passons les deux jours suivants à Panama City à faire les différentes formalités (contrôle de police, annulation de notre permis de transit, inspections, etc.). C'est à Colon que notre véhicule est calé dans un container 20' et chargé sur un navire à destination de Valparaiso au Chili. Nous aurions pu l'envoyer en Colombie, mais vu que la saison estivale est actuellement dans le sud du continent, nous décidons de commencer par le sud, puis de remonter vers le nord.

Ca y est, nous sommes à nouveau des vagabonds avec nos sac à dos comme unique maison. Nous en profitons pour visiter les écluses de Gatùn, où chaque transit fait monter ou descendre les bateaux d'une hauteur de 26 mètres afin de franchir le lac artificiel qui lie l'océan Atlantique à l'océan Pacifique sur une distance approximative de 80 kilomètres. Il y a une moyenne de 38 passages par jour et il faut compter près de 10 heures afin passer d'une extrémité du canal à l'autre. Large de seulement 27 mètres, les bateaux appelés Panamax sont construits sur la base de cette largeur afin de pouvoir bénéficier de ce raccourci. Des locomotives attachées à l'avant et à l'arrière des navires guident ceux-ci afin qu'ils ne touchent pas le bord malgré les quelques centimètres d'espace de chaque côté. Afin d'améliorer le transit journalier, ils projettent d'ajouter un canal supplémentaire qui recyclera environ 60% de l'eau du lac et permettra le passage des PostPanamax, des bateaux plus larges.

J'étais loin d'imaginer que Panama City aurait des allures de Dubai. La partie administrative de la ville est principalement cloutée de gratte-ciels, de centres commerciaux, de boutiques de luxe, ainsi que d'une marina où séjournent de luxuriants yachts. Mais en regardant de plus près, les alentours nous ramènent à la réalité des banlieues où les gens vivent dans des boîtes au bord de routes polluées par les terribles gazes d'échappement et bruits des autobus.

Après trois semaines et un jour de voyage avec Marie et Richard, nous passons notre dernière journée en leur compagnie sur la petite île piétonne de Taboga. La traversée en bateau permet de voir les dizaines de navires en attente de pouvoir passer le canal du Panama. C'est avec un pincement au cœur que nous quittons nos amis les voyageurs qui vont se replonger dans le rude hiver Canadien. Ce fût un plaisir de partager ces dernières semaines à échanger des histoires et points de vue sur ce qui se passe sur cette planète. Avec les années, Marie a voyagé à travers bien des pays sur les différents continents. Richard nous a fait découvrir un langage Québécois très profond et subtil que nos oreilles ont encore bien du mal à comprendre… Tabernacle !!!

Entre le Costa Rica et le Panama, nous avons rencontré beaucoup de Canadiens et Américains à la recherche d'un petit coin de paradis afin d'échapper aux hivers du grand nord.

Afin de profiter des quelques jours qui nous restent avant de prendre l'avion pour le Chili, nous décidons de rejoindre Serge, un amis Québécois rencontré quelques jours plus tôt et vivant sur un bateau dans l'état de Chiquiri. Le trajet en bus est estimé à environ 6 heures. Le bus de 7h45 et déjà complet avant 7h, nous partons donc avec le bus de 9h45. Après 3 heures de route, nous sommes informés que nous allons faire une pause à Santiago car à quelques kilomètres de là, la route est bloquée par une manifestation revendiquant l'ouverture d'une énorme mine de cuivre. Malgré la pause, nous n'échappons pas au barrage. Le bus de 7h45 n'as pas beaucoup d'avance puisqu'il est lui aussi bloqué au même endroit, au milieu de nul part. Après quelques heures, les manifestants acceptent d'ouvrir la route pour une heure de temps. Mais un autre barrage nous attend quelques kilomètres plus loin. Cette fois nous avons la chance d'être à proximité d'un petit restaurant qui est surpassé par les événements. Au choix, poulet frittes ou poulet frittes. Pour nous, ça sera un paquet de chips et le remplissage de nos gourdes d'eau. Nous sommes condamnés à passer la nuit dans le bus. Le lendemain matin, les manifestants acceptent de laisser passer quelques véhicules dont le notre. Mais un troisième barrage nous attend. Cette fois, il semble que notre bus ne va pas pouvoir bouger de ci-tôt. Le prochain village (où se trouve la manifestation) est à quelques kilomètres plus loin. Tout le monde se met en mode d'économie d'eau et de nourriture. Certains se lancent à marcher jusqu'au village pour rapporter de quoi calmer la soif et la faim des 14 enfants voyageant avec nous. Afin de ne pas passer une nuit de plus dans le bus, nous tentons notre chance en traversant la manifestation à pieds et d'éventuellement trouver un véhicule de l'autre côté. Avec une telle chaleur et le manque d'eau de ces dernières heures, c'est un plaisir de pouvoir étancher notre soiffe avec de l'eau fraiche. Nous continuons à enjamber les troncs et tas de cendre de pneus brulés en longeant les centaines de véhicules et gens prenant leur mal en patience. Ron & Emily, des touristes décidant de rebrousser chemin acceptent de nous prendre en voiture et nous conduisent jusqu'au petit village de Boca Chica. Après 30 heures de voyage, nous embarquons enfin sur Kolea, le bateau de Serge.

Si vous êtes des adeptes du « Couch surfing » et que vous cherchez un hébergement un peu différent, Serge sera peut être votre prochain hôte. Malheureusement, les événements ont quelques peu raccourcit notre séjour. Après une journée de repos, nous rebroussons chemin pour Panama City ou nous prenons notre envol pour Santiago de Chile.

Nous faisons aussi la rencontre d'Eveline et Martin (http://velotempo.blogspot.com), des cyclistes Suisses parti du Mexique à vélo il y a quelques mois avec comme but d'atteindre l'Argentine. Nos chemins se sont croisés 3 fois durant ces dernières semaines.


Histoire précédente - Guatemala,
El Salvador, Honduras
                                  Histoire suivante - Chili