Perou

Nous continuons notre chemin en transport en commun jusqu'à Cusco avec une courte halte à Puno. Notre ami Brésilien Toco est lui aussi dans la région pour quelques jours. Alors que Béatrice et moi sommes forcées à rester au lit pendant quelques jours avec une bonne indigestion, Aless et Toco se lancent pour la randonnée de Salkantay de 5 jours, 4 nuits jusqu'au Machu Picchu. Une manière plus originale d'atteindre le site Inca que le train. Une fois remises sur pieds, nous décidons de visiter Cusco et les sites archéologiques de la région en commençant par le Qorikancha (temple du Soleil). Il s'agit d'un ancien temple Inca qui fût démoli par les Espagnols et sur lequel ils bâtirent l'église Santo Domingo. Nous continuons par la visite du site de Saqsaywaman où nous pouvons apprécier les murs Incas fait d'énormes rochers taillés avec grand précision afin de s'imbriquer les uns aux autres sans laisser l'ombre d'un espace. Tous comme les Egyptiens pour la construction des pyramides, ils ont trouvé des astuces afin de transporter ses énormes rochers, certains pesant plus de 100 tonnes, sur plusieurs dizaines de kilomètres, puis posés les uns sur les autres à plusieurs mètres de hauteur. Nous continuons la visite par Q'enqo, une petite ruine en partie formée par une grotte de granite qui fût un lieu de cérémonie, de rituels et de sacrifices. Le site de Pukapukara était un lieu de passage et de repos pour les messagers qui parcouraient des kilomètres en courant afin de transmettre les informations au prochain coureur qui prenait le relai jusqu'au prochain point de ravitaillement. Le site de Tambomachay, El baño del Inca était un symbole de la fertilité et après plusieurs centaines d'année, l'eau y coule encore à travers ses fontaines.

Le lendemain, pendant que les hommes affrontent le col de Salkantay sous la neige à 4600 mètres d'altitude, nous visitons les terrasses Incas de Moray qui servaient de laboratoire agricultural aux Incas. Les terrasses construites en forme d'amphithéâtre étant chacune à une altitude différente, bénéficiaient d'un microclimat différent. Nous visitons ensuite les Salinas de Maras, un site qui fût ingénieusement construit par les Incas afin d'évaporer le sel d'une source d'eau sortant de la montagne depuis des centaines d'année. Des milliers de petits bassins irrigués individuellement sont remplis d'eau qui après évaporation laissent place au sel. Deux millions de tonnes de sel sont encore extraits chaque année permettant l'approvisionnement de toute la région.

Malheureusement, nous n'avons pas réussi à trouver des billets pour visiter le Machu Picchu le même jour que nos deux marcheurs. La raison est simple, le 7 juillet est la date du centième anniversaire du site archéologique. Ils font donc parti des 350 chanceux à pouvoir visiter le site à cette date très particulière. Tant pis, nous irons le jour suivant avec 2498 autres touristes… En attendant, nous profitons d'un moment de relaxation aux bains thermaux d'Aguascalientes.

Le Machu Picchu, c'est du sport ! Comme mentionné ci-dessus, il faut d'abord trouver des billets d'entrée. Mais pour s'y rendre, il faut aussi des billets de train, qui est la partie la plus coûteuse de l'expédition. Forcement les trains qui nous évitent d'arriver à destination à 2 heures du matin sont plus chers que les autres. A la fin ça nous à coûté 170 francs Suisse par personne pour le transport en bus de Cusco à Ollantaytambo, puis en train jusqu'à Aguascalientes, une nuit d'hébergement à Agascalientes, l'entrée sur le site avec deux heures de visite guidée et le trajet retour. Afin de faire parti des 400 chanceux à pouvoir escalader le Huayna Picchu (gros rocher qu'on voit sur toutes les photos du Machu Picchu), il faut être à l'entrée vers 5h40 avant l'arrivée des premiers bus. Je quitte Aguascalientes à pieds à 3h45 afin d'être dans les premiers au pont traversant la rivière, puis il faut attendre de l'ouverture de celui-ci à 4h50. Une fois l'ouverture, en cinquième position, c'est un véritable marathon qui commence ! Plus de 40 minutes à monter des marches d'escaliers dans la nuit noir, à la lampe frontale, à cours de souffle car il est hors de question que je me fasse dépasser par les groupes qui me suivent. Une fois en haut, il n'y a plus qu'à attendre le levé du jour et la distribution des places limitées pour le Huayna Picchu. Oufff, je l'ai, et j'ai même réussi à l'obtenir pour ma mère qui va arriver dans un des premiers bus. A 6h30, avant les premiers rayons de soleil commence la visite guidée du fameux Machu Picchu. Quelle sérénité ! Des lamas broutent tranquillement sur les terrasses de gazon de la partie agricole du site. En plus de la partie habitation qui abritait entre 500 et 600 habitants à l'époque, on y trouve aussi différents lieux de cérémonies, rituels et sacrifices, des temples sacrés, des lieux d'observation des astres, des places et un jardin botanique. Nous continuons notre exploration par l'ascension du Huayna Picchu. Là aussi il faut escalader des marches qui demandent parfois l'aide d'une corde. Plus on monte, plus la falaise devient vertigineuse. D'autres touristes redescendent collés au mur de roche, pris par le vertige. Après environ 45 minutes, nous rejoignons les premières ruines puis d'autres terrasses Incas et enfin le rocher le plus haut de la montagne qui offre une vue panoramique à 360 degrés sur la chaine de montagnes avoisinante ainsi que le site du Machu Picchu à plusieurs centaines de mètres en contrebas. C'est fascinant, hallucinant et surtout vertigineux. La descente en bien plus difficile, puisque tout ce qu'on voit ce sont les marches d'environ un mètre de large et le vide à perte de vue. Lentement, mais surement, nous rejoignons le site du Machu Picchu. Nous visitons aussi le Pont de l'Inca, qui a servie de chemin aux Incas lorsqu'ils abandonnèrent la ville afin de la préserver des Espagnols. Ce qui est sur, c'est qu'ils ne souffraient pas de vertige ! Nous redescendons à Aguascalientes en bus et retournons à Cusco afin de rejoindre Aless et Toco.

Après six semaines de voyage à trois depuis le Brésil en passant par l'Argentine et la Bolivie, c'est de Cusco au Pérou que Béatrice, ma mère reprend son envol pour retrouver la chaleur de l'été en Suisse. Au cours du voyage, nous avons eu des changements d'itinéraires ou de programme due à différents événements comme la fermeture de la route sur le col de Jama entre l'Argentine et le Chili pour cause de tempête de neige, du coup nous n'avons pas pu visiter la région du désert d'Atacama ni le sud Lipez en Bolivie. Puis notre van à eu du mal à supporter les centaines de kilomètres de tôle ondulée en Bolivie, ce qui nous a forcé à continuer en transport en commun de La Paz à Cusco en attendant sa réparation. Il a fallut un peu d'organisation pour cohabiter dans un espace TRES réduit pendant ces quelques semaines, mais après un peu d'ajustement, nous nous sommes habitué à dormir à 3 dans un lit de 1,40 de large... Nous avons voyagé pendant l'hiver, dans une des régions les plus froides d'Amérique du Sud sans chauffage. Avec de bons sacs de couchages et des rideaux isolants confectionnés par Béatrice, nous avons survécu aux nuits aux dessous de -10 degrés avec de la glace à l'intérieur des vitres le matin. Nous avons passé 4 semaines entre 3500 et 4000 mètres d'altitude sans avoir eu trop de problème à nous acclimater. Ce fût un plaisir d'avoir pu partager ces moments avec ma mère. Elle a pu se rendre compte que nous ne sommes pas exactement en vacances, mais en voyage. Un voyage plein de surprises, de rencontres mais surtout d'imprévus…

Nous quittons aussi notre amis Toco et reprenons la route pour La Paz en Bolivie afin de retrouver notre roulotte qui nous espérons sera remise sur pieds.

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Perou, de retour 4 mois plus tard

Après notre passage de la frontière depuis le Chili, nous rejoignons Arequipa, la deuxième plus grande ville du Pérou. Notre GPS nous guide tout en douceur jusqu'à un petit parking dans le centre en nous faisant éviter les zones de trafic. Le monastère de Santa Catalina est un véritable havre de paix, ses petites ruelles colorées et fleuries formant une sorte de petite citadelle.

Nous continuons notre route en direction du Canyon de Colca où nous frôlons les 4900 mètres d'altitude avant de descendre sur Chivay. Nous profitons pour nous détendre dans les bains thermaux à quelques kilomètres de là. Les condors survolant le canyon à la Cruz del Condor restera un mythe, puisqu'à l'approche de la saison des pluies, ceux-ci se font plus rares. A Cabanaconde, nous faisons la rencontre de Gérard et Sabine, des français voyageant sur le continent Américain avec leur véhicule depuis deux ans. Etant un grand adepte des marches en montagne, Gérard nous expliques les différentes randonnées possibles dans la région. La pluie se met à tomber, le départ est reporté au jour suivant.

Nous partons tous les quatre dans le Canyon de Colca pour trois jours de marche. Après quelques heures de descente, accompagnés d'averses, nous atteignons Llahuar où nous nous relaxons dans ses bains thermaux. Après une nuit de repos dans le refuge, nos amis prennent un autre itinéraire pour la journée, mais nous nous retrouverons le soir dans un autre village. En attendant, nous avons trouvé un guide pas comme les autres. Le prix de ses services est plutôt un échange de bons procédés. Nous lui portons son eau, lui faisons des caresses de temps en temps et lui, en échange, nous tient compagnie. Je parle bien sûre de Louloutte !!! Et oui, les chiens de Cabanaconde sont plutôt sportifs puisqu'ils choisissent les touristes avec qui ils vont faire quelques jours de randonnée. Une fois de retour au village, ils se reposent une journée tout au plus, puis repartent avec les touristes ayant fait la meilleure offre de biscuits, galettes où sandwich… Louloutte nous guide donc durant tout la journée, à travers les sentiers surplombant la rivière de Colca, les cultures en terrasses et les plantations de cactus où nichent les cochenilles, utilisées comme teinture naturelle. A l'oasis de Sangalle, nous profitons du soleil au bord de la piscine du « Paraiso de las Palmeras ». Il faut dire que ce lieu port bien son nom, avec l'aide de l'eau, cette partie de la vallée est verdoyante, bondée de fleurs et de palmiers. C'est le lendemain dans l'après-midi que nous remontons le canyon jusqu'à Sangalle.

De retour sur la place du village, une surprise nous attend. Une énorme flaque d'huile sous le van. Après vérification du niveau d'huile, le niveau est supérieur à la limite maximale et l'huile semble plus liquide et transparente qu'habituellement. Finalement, nous réalisons que de l'essence s'est infiltrée dans l'huile. Et ce, en étant à l'arrêt pendant 3 jours ? Dans ce petit village, nous ne pouvons pas compter sur les services d'un mécanicien et encore moins sur des pièces détachées. Nos amis pourraient nous remorquer, mais avec le col à 4900 mètres et une longue descente sur Arequipa, ça serait trop dangereux. Avant d'avoir à penser au pire, nous essayons de trouver quel pourrait être le problème et retraçons le passage de l'essence depuis le réservoir, à travers le filtre, puis la pompe à essence, le carburateur, les cylindres, puis l'explosion. Le seul endroit possible semble être la pompe à essence qui est activée par un mécanisme lié moteur. Puisque nous en avons une de rechange, nous la remplaçons et faisons une vidange avec les quelques litres d'huile que nous avons. Le moteur tourne pendant une bonne demi-heure. Tout semble fonctionner et le niveau d'huile n'a pas augmenté. Escortés par Gérard et Sabine, nous retournons à Chivay pour nous relaxer une fois de plus dans les bains thermaux, puis rejoignons Arequipa le lendemain matin.

Le problème est résolu, mais nous avions de toute façon prévu de faire grand service. Le moteur est redescendu pour changer les joints du radiateur d'huile que nous n'avions pas trouvé au Brésil. Depuis le début du voyage (70'000 kilomètres), nos plaquettes de freins à l'avant sont toujours en milieux de vie, nous comprenons maintenant pourquoi celles-ci paraissent inusables. Lors de la révision des freins, le mécanicien nous informe que nos freins avant sont partiellement bloqués, une plaquette sur deux ne s'active plus lors de l'enfoncement de la pédale. Ils passent des heures à démonter tout les composants, lubrifier, changer les joints, purger, régler. Une fois le moteur remonté, ça goute… On le redescend, change le retainer pour la ??? fois. Après deux jours et demi dans le garage, une facture pour la main d'œuvre à moins de 100 francs, nous sommes prêts à reprendre la route.

A Nazca, nous survolons les fameuses lignes formant des dessins d'animaux depuis un avion. Vu du ciel, les géoglyphes ne semblent pas aussi grand qu'ils ne le sont, alors que depuis le mirador, on ne peut même pas en voir un en sont entièreté.

Près de Ica, nous découvrons les énormes dunes de sables entourant l'Oasis Huacachina en nous essayant au surf sur le sable. Accompagnés d'un buggy pour nous remonter, nous dévalons les pentes comme s'il s'agissait de la neige.

Bien que nous ne soyons pas des adeptes des grandes villes, nous faisons une petite pause à Miraflores, le cartier chique de Lima. La falaise longeant la plage est luxueusement aménagée de promenades et parques fleuris. Certains y promènent leurs enfants ou leurs chiens alors que d'autres font du parapente. Encore une fois, nous nous en sommes plutôt bien sortis pour la traversée de la ville, guidés par notre GPS.

Un peu plus au nord de la capitale, nous découvrons le camping Medio Mundo, situé au bord d'une lagune d'eau douce, à une centaine de mètres de l'océan. La lagune est un lieu de passage d'oiseaux migrateurs tels que les aigrettes et les hérons alors que la plage est recouvertes de milliers d'oiseaux pêcheurs, s'envolant à notre passage et formant des nuages mouvants.

Malgré le commencement de la saison des pluies, nous remontons dans les Andes afin de visiter la Cordillera Blanca. La route (goudronnée) de Barranca à Huaraz nous fait passer du niveau de la mer à 3800 mètres en passant par un col à 4200 mètres en un jour. A Yungay, une piste en plutôt mauvais état nous mène au parque national de Huascaran, connu pour ses sommets enneigés à plus de 6000 mètres d'altitude ainsi que pour ses lagunes couleur émeraude. Les lagunes de Llanguanuco, accessibles en voiture sont bordées d'arbre Queñua au tronc de couleur orangé contrastant avec la magnifique couleur de l'eau.

Pour la troisième fois au Pérou, nous croisons Gérard et Sabine, avec qui nous avions fait la randonnée dans le Canyon de Colca. Le lendemain, nous partons tous les quatre pour une journée de marche afin de rejoindre la laguna 69. L'ascension à 4870 mètres d'altitude pour rejoindre le refuge Pérou est plutôt éprouvante, malgré que nous ayons passé les 5000 mètres d'altitude avec notre véhicule, je ne suis pas habituée à les grimper à pieds. Les nuages qui furent bien présents en début de journée, se dissipent après notre arrivée à la lagune, dévoilant un panorama magique fait de glaciers et de lagunes. Malgré la redescente sous la pluie, ce fût une journée magnifique.

Nous rejoignons la côte par la route goudronnée de Huaraz à Casma, puis continuons notre chemin en direction du nord jusqu'à Huanchaco où nous admirons la plage de surfers, puis à Piura où nous faisons notre assurance voiture pour l'Equateur et la Colombie.

La côte n'est pas la plus belle que nous ayons vue, les vagues sont plutôt puissantes, l'eau n'est pas très claire et plutôt froide, et certains endroits sentent vraiment le poisson pourri. C'est entre Mancora et la frontière avec l'Equateur que l'eau commence à s'éclaircir et à être plus attractive.

C'est le premier pays en Amérique du sud où la police a été aussi présente. A chaque entrée ou sortie de village, au milieu de rien, ils sont partout ! Mis à part une incompréhension de la part d'un d'entre eux concernant notre assurance véhicule, les contrôles étaient plus de la curiosité à notre égard et des simple vérifications de documents qu'autre chose.

Nous avons réveillé nos papilles avec des fruits et légumes que nous n'avions pas eu l'opportunité de déguster depuis un certain temps. Des abricots, des fraises, des mangues, de la pastèque, des bananes rouges, des asperges, des patates douces, des avocats, et tous aussi doux que leur prix…

Le Pérou, pays des rencontres. A part au sud de l'Argentine où nous avions rencontré quelques voyageurs avec leurs véhicules, nous n'en avons jamais rencontrés autant qu'au Pérou. Nous avons d'abord fait la connaissance de Sabine & Gérard, des Français que nous avons croisés à quatre reprises sans même se donner de point de rencontre. Nous avons partagé de belles journées de randonnée ainsi que des soirées à déguster nos talents culinaires. A Lima, nous avons rencontré d'autres Français, Bernadette & Michel, Josiane & Jean-Marie, et avons passé une excellente soirée à partager des anecdotes. A la Laguna Medio Mundo, nous avons pris l'apéro avec Josiane & Robert, des Français qui ont parcourus le monde depuis 7 ans. Nous avons aussi fait la connaissance de Suisses, Priska & Stephan d'Obwald, Hans & Maria de Bern, Edwin & Regula de Fribourg and finalement Marianne & Albert d'Allemagne.



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