Suisse

Départ de Genève en direction du Valais accompagnés de mon grand frère Alain qui va expérimenter la vie à bord de Zorro durant trois jours.

Avec son mur de 285 mètre de haut, le barrage de la Grande Dixence est le barrage-poids le plus haut au monde. Depuis le parking, nous partons pour une ballade le long du lac, puis grimons dans les alpages fleuris jusqu'au col des Roux, à 2811 mètres d'altitude. De là, nous pouvons admirer la vue sur les montagnes bordant le lac des Dix. A default des bouquetins ou des chamois, nous avons droit à la visite d'une marmotte qui n'accepte malheureusement pas de poser pour la photo.

Le lendemain, le temps est plutôt douteux. Sur le barrage du lac d'Emosson, nous ne voyons pas à dix mètres. Les deux barrages sont en travaux. Une turbine sous-terraine entre le lac du Vieux Emosson et le lac d'Emosson permettra de générer de l'électricité durant les pics de consommation. Durant la nuit ou les week-ends, lorsque le prix de l'électricité sera au plus bas, ils pomperont l'eau du lac d'Emosson afin de la faire remonter dans le lac du vieux Emosson, 300 mètre plus haut. Cette technique ingénieuse sera une sécurité de pouvoir fournir de l'énergie pour les CFF ainsi que les ménages en réutilisant plusieurs fois l'eau des lacs. Pour plus d'information sur le projet, http://www.nant-de-drance.ch/nant_de_drance_sa.htm. A cet effet, le lac du vieux Emosson est complètement asséché. Comme le chemin de randonnée autour du lac est fermé, nous empruntons un autre chemin menant aux traces de dinosaures. Perdu au fin fond de la vallée, un géologue du musée d'histoire naturelle de Genève nous explique l'histoire des dinosaures et de la formation des Alpes. Pour le plus grand plaisir de nos yeux, le brouillard se dissipe pour laisser place à une superbe vue sur le lac d'Emosson. Après quelques heures de marche, nous retrouvons Zorro, la vue sur le massif du Mont-Blanc, qui était auparavant dissimulée par le brouillard.

Cette journée se termine en beauté, par une soirée relaxante aux bains de Saillon.

Pour changer des barrages et des lacs, nous louons le matériel nécessaire pour une via ferrata. Toujours sécurisés par les mousquetons, nous passons de câble en câble jusqu'au premier pont de singe, où débute l'aventure. Soit un câble d'acier qui relie les deux falaises, sur lequel on marche en se tenant à deux autres filins. Sous mes pieds, la rivière; à droite la cascade donc; à gauche, une vue imprenable sur la vallée du Rhône. Sous les pieds, soixante mètres de vide nous narguent. Concentrés, nous atteignons la paroi d'en face. Nous nous cramponnons d'une prise à l'autre, en essayant de ne pas prêter trop d'attention au vide. La deuxième partie est plus difficile, un gros roché à contourner, une longue montée acrobatique et vertigineuse avec un passage dans une grotte dans laquelle est creusé un tunnel à bisse. Une fois terminé, nous traversons le grand pont suspendu avant de découvrir la paroi que nous venons d'escalader. Ah, si j'avais vu ça avant, je ne sais pas si j'aurai osé… C'est fait et tant mieux ! Il reste plus qu'à redescendre par les vignes et les bisses avant de conduire Alain à la gare pour son retour à Genève.

Au milieu de la nuit, un bruit étrange nous sort soudainement du sommeil. Qui dit pelouse, dit arrosage. Nous sommes littéralement aspergés par les arroseurs automatiques et avons juste le temps de fermer les fenêtres avant l'inondation…

Le Glacier d'Aletsch, c'est énorme. Avec ces 23 kilomètres de long, il est le plus grand des Alpes. Afin d'admirer le spectacle de nos propres yeux, nous laissons le van à Fiesch et prenons le téléphérique (15,50 CHF l'aller simple) jusqu'à Fischeralp, d'où nous commençons notre journée de randonnée. A travers les pâturages en fleurs, entourés de vaches et de parapentes nous montons jusqu'au col deTälligrat à 2610 mètres d'altitude. De là, nous avons une vue sur la cabane de Gletscherstube, le Vordersee, le glacier de Fiescher et pouvons déjà apercevoir le glacier d'Aletsch. Après une demi-heure de marche supplémentaire, nous atteignons le point d'observation appelé Platta. La vue panoramique sur le glacier depuis la source au pied de la Jungfrau est époustouflante. Un peu plus bas, nous pouvons observer les crevasses de plus près et aller jusqu'à marcher sur le glacier. Il est d'ailleurs assez surprenant de ne pas voir de panneaux interdisant l'accès sur le glacier. A chacun d'estimer ses limites et ses connaissances. Nous longeons le glacier sur l'Aletsch Arena jusqu'au Moosfluh, d'où nous avons une vue dégagée sur les Alpes Valaisannes et le fameux Cervin. A Bettmeralp, nous profitons des derniers rayons de soleil pour une baignade rafraichissante dans son lac avant la redescente en téléphérique. La caisse du téléphérique est fermée et le contrôleur nous indique que nous pouvons payer en arrivant à Betten Tal. L'heure d'arrivée du téléphérique coïncide avec l'arrivée du train qui passe une fois par heure. Une fois en bas, le contrôleur comprend alors que nous devons prendre le train pour Fiesch et dans la précipitation, nous dispense du paiement du téléphérique pour nous éviter de louper notre train. Pour une fois que des autorités font preuve de bon sens, merci le Valais qui nous a aussi offert les meilleurs bivouacs sans le moindre panneau d'interdiction de camper.

Nous quittons le Valais pour franchir le Röstigraben, la frontière linguistique entre le Français et le Suisse-Allemand. Au col de Grimsel, un dimanche ensoleillé, c'est la sortie des bécanes. Derrière nous, une cinquantaine d'Harley perdent patience… Trannnnquiiiiiille, on est en Suiiiiiisse…

Juste après le col se trouve le funiculaire le plus pentu d'Europe, permettant l'accès au lac de Gelmer. Il est midi, à la caisse on nous propose la montée avec la prochaine disponibilité à 14h et un retour possible à 17h30. Ah, tout ce qu'on aime ! Nous rebroussons chemin jusqu'au départ de la randonnée, faisons l'ascension à pieds et arrivons au lac avant notre présumé funiculaire… La couleur de l'eau et le décor montagneux sont MA-GNI-FIQUE. Nous faisons le tour du lac et profitons d'une pause pique-nique pour faire une baignade à couper le souffle.

Après 5 jours de marche, nous nous offrons une journée plus reposante avec la visite des gorges de l'Aar et ses marmites glaciaires, une ballade le long des chutes de Giessbach ainsi qu'un retour à la civilisation à Interlaken. Depuis notre arrivée au bord du lac de Brienz, rien n'est laissé au hasard. Tous les aires de baignade indiquent l'interdiction de camper et tous les parkings commerciaux sont strictement réservés à la clientèle ou payants. Malgré les interdictions, nous prenons le risque de nous faire jeter en pleine nuit et passons entre les goutes.

Le Schilthorn, aussi connu sous le nom de Piz Gloria dans un des James Bond est accessible en téléphérique depuis Mürren à 94.50 CHF par personne l'aller/retour… Afin de nous imprégner des paysages, de faire un peu d'exercice et de ne pas y laisser nos économies, nous évitons les remontées mécaniques et optons pour les chaussures de marche. En trois heures de marche à travers pâturages et pentes abruptes, nous atteignons le sommet frôlant les 3000 mètres d'altitude. La vue est époustouflante. Ils ont perché ce restaurant tournant sur la pointe d'une montagne, donnant une vue à 360 degrés sur les imposants sommets enneigés de la Jungfrau (4158m), Mönch ainsi que l'Eiger et la chaîne des Alpes. Certains parapentistes profitent du spectacle depuis les aires.

Kandersteg n'est pas seulement le point de départ ou d'arrivée du tunnel de Lötschberg reliant le Valais à l'Oberland Bernois. Il est aussi un joli petit village touristique, offrant des randonnées en été et des pistes de ski en hiver. C'est tellement tranquille que la coop laisse même les articles sur les étalages à l'extérieur pendant la nuit. Depuis le village, nous rejoignons le lac l'Oeschinen à pieds. Par son accès possible en téléphérique et ses restaurants, le lac est une excursion assez prisée pour les touristes de Kandersteg. Malgré tout, le lac et sa cascade sont dignes d'une image de carte postale. Comme tous les lacs de montagne dans lesquels nous nous sommes baignés, l'eau est plutôt très fraiche…

Pour terminer cette journée, nous nous dirigeons vers Adelboden, dans la vallée voisine, ou se trouve la chute d'Engstligen. Avec ses 600 mètres de chutes (en deux sections), elle est la deuxième plus haute de Suisse. Afin de rattraper le soleil qui est sur le point de disparaitre dans la vallée, nous grimpons le chemin sinueux le long de la cascade en espérant profiter des derniers rayons de soleils sur les alpages d'Engstligenalp. De retour en bas, de gros nuages se rapprochent, le vent se lève et la grêle vient raisonner sur notre pauvre toit en fibre de verre. Avec soulagement, ça ne dure pas trop longtemps et notre toit tient le choc.

Nous quittons l'Oberland Bernois par Zweisimmen ainsi que le village bourgeois de Gstaad ou nous faisons quelques emplettes (à la coop, bien sûr) avant de rejoindre La Gruyère. Entre deux averses, nous nous baladons dans le village médiéval et autour du château. Il y a même un parking pour camping-car et caravane sans interdiction apparente d'y passer la nuit. Nous faisons une deuxième halte à la fabrique de meringue, puis à la laiterie pour faire le plein de double-crème et de gruyère, puis terminons notre course à la chocolaterie Caillers. Après la visite et la dégustation à volonté, autant vous dire que je ne pouvais plus rien avaler !!!


Du 15 au 17 septembre 2012

Malgré le départ soudain d'Aless en Italie l'envie de m'évader en Suisse subsiste. C'est en solo avec Zorro que je quitte Genève pour l'Oberland Bernois.

A quelques kilomètres de Lenk, se trouve le point de départ de ma randonnée (1102m). Je longe la Simmenfälle durant environ une heure pour atteindre l'alpage de Rezliberg (1410m). Face à la paroi rocheuse, je peux admirer plusieurs belles cascades, mais plus particulièrement la magnifique cascade de Siebenbrunnen où les sept sources jaillissent des fissures de la roche sur une largeur de 30 mètres. La suite de l'ascension pour la cabane de Flüeseeli est bien moins fréquentée. Durant la montée, je ne croise personne. Le chemin est parfois glissant, il faut enjamber un cours d'eau se transformant en chute à quelques mètres de mes pieds. Sur cette montée exposée au nord, la neige est de plus en plus présente et j'ai peur de me faire surprendre par la nuit. Si je ne suis pas arrivée avant 17h, je fais demi-tour. Je rencontre finalement deux hommes m'indiquant qu'il me reste moins d'une demi-heure. En effet, après un quart d'heure, me voilà récompensée par un lac spectaculaire. A 2045 mètres d'altitude, le lac de Flueseeli reflète les montagnes et le ciel tel un miroir. Le calme et la sérénité régnant autour de ces montagnes donne vraiment envie de s'y attarder. De retour au van peu avant le crépuscule, je décide de passer la nuit sur un petit parking dans les bois. Je ne suis pas très rassurée de dormir seule au milieu de rien.

Le lendemain matin, je reprends la route pour Meiringen afin de rejoindre le lac et glacier de Trift. Alors que la première partie de la randonnée (jusqu'à la station supérieur du téléphérique) est boudée par les touristes ainsi que par les personnes s'occupant de la maintenance des chemins de randonnée, la deuxième partie est mieux entretenue et plus intéressante. Après un peu moins de trois heures de marche, je découvre le point d'intérêt de la journée. A 1750 mètres d'altitude se trouve un des plus longs et des plus hauts ponts suspendus piétonnier des Alpes. Haut de 100 mètres et long de 170 mètres, le Trift Brücke surplombe le lac de Trift, formé il y a une dizaine d'année par la fonte accélérée du glacier. Je redescends prudemment par un autre chemin s'avérant plus vertigineux et en plus mauvais état que celui que j'ai emprunté à l'aller. Une fois en bas, je me trouve un coin tranquille pour la nuit, près d'un hangar qui semble appartenir à la municipalité.

Dès 5 heure du matin, dans l'obscurité, les véhicules commencent leur trajets de ramassage du lait. A 6 heure, les premiers travailleurs de la commune s'animent dans le hangar. A 7h, il est temps de décamper avant de me faire remarquer… Après une courte halte à Interlaken pour trouver de la documentation, je monte sur Grindelwald. Les indications en Japonais démontrent la popularité touristique du village. Et pour cause, il est situé à deux pas de la Jungfraujoch, la plus haute gare d'Europe, à 3 450 m d'altitude. Je commence ma randonnée au pied du téléphérique First. Il est un peu démoralisant de monter en dessous du téléphérique mais après la station intermédiaire de Bort, les chemins de séparent pour des paysages plus variés. Lors d'un passage à travers une forêt, j'ai la surprise de pouvoir admirer un pic-vert en plein travail, ne se laissant pas intimider par ma présence. Durant la dernière heure d'ascension, je suis entourée d'une magnifique prairie verdoyante, traversée par des ruisseaux et des cascades. Je suis finalement bien contente d'arriver au lac de Bachalp, bien que découragée par l'amas de touristes ayant fait le voyage en téléphérique. Encore une centaine de mètres de dénivelé supplémentaire jusqu'au col du Spitzen me permettent d'admirer le magnifique panorama sur la face nord de l'Eiger, du Mönch et la Jungfrau. La descente est un peu longuette, mais les vaches, chèvres et marmottes sont là pour me distraire.

Après 6 heures de marche, je trouve encore un peu d'énergie pour aller faire un tour aux chutes de Staubbach, mais surtout pour visiter les Trümmelbachfälle dans la vallée de Lauterbrunnen. Situées à l'intérieur de la montagne, des galeries permettent d'admirer les spectaculaires cascades, drainant à elles seules les parois glaciaires de l'Eiger, du Mönch ainsi que de la Jungfrau.

Malheureusement une météo automnale commence à pointer son nez et il est temps pour Zorro et moi de nous mettre à l'abri des intempéries.



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